Sommes-nous dans les années trente ?
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Sommes-nous dans les années trente ?

Les vives polé­miques sur les pro­pos et les atti­tudes de l’ac­tuel pré­sident, conju­guées avec les débats non moins vifs sur ce que l’on a le droit ou pas de dire, et qui a le droit, ou non, de s’ex­pri­mer, sont la mani­fes­ta­tion de cette « dis­so­cié­té » qui a pris l’a­van­tage sur la com­mu­nau­té natio­nale (que cer­tains vou­draient résu­mer à un « vivre-ensemble » qui n’existe pas, ou plus) et sur l’a­go­ra intel­lec­tuelle que d’autres nom­maient jadis « la répu­blique des lettres ». L’hys­té­ri­sa­tion contem­po­raine, qui se répand plus vite que du temps de l’im­pri­mé grâce aux réseaux sociaux numé­riques, est par­fois déses­pé­rante et elle nuit à la véri­table dis­cus­sion qui néces­site du temps et de la réflexion, ain­si qu’elle auto­rise la pos­si­bi­li­té de se trom­per ou d’être convain­cu par d’autres argu­ments que les siens propres. Aujourd’­hui, les déla­teurs, jadis féli­ci­tés sur les assi­gnats répu­bli­cains des années 1790, sont les maîtres de jeux de plus en plus sombres et violents.

Quand, dans la lignée des inquié­tudes « de gauche » média­ti­sées, quelques his­to­riens et « Insou­mis » évoquent les « funestes années trente », je pense pou­voir leur rétor­quer quelques choses simples, et ouvrir, au sens noble du terme, la dis­cus­sion sans préjugé :

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