Cinq mil­lions de Fran­çais vivent avec moins de 855 euros par mois

Cinq mil­lions de Fran­çais vivent avec moins de 855 euros par mois

Cinq mil­lions de Fran­çais vivent avec moins de 855 euros par mois. 137534003/Rainer Fuhr­mann – stock.adobe.com

La pre­mière édi­tion du Rap­port sur la pau­vre­té, réa­li­sé par l’Ob­ser­va­toire des inéga­li­tés, pré­sente deux ten­dances claires : la pau­vre­té ne dimi­nue plus en France, et les plus jeunes sont en pre­mière ligne.

Le constat est alar­mant. « Depuis dix ans, le nombre de per­sonnes qui vivent sous le seuil de pau­vre­té en France aug­mente », ana­lyse Anne Brun­ner, dans le Rap­port sur la pau­vre­té de l’Ob­ser­va­toire des inéga­li­tés. Selon Noam Lean­dri, son pré­sident, « la socié­té fran­çaise souffre de l’é­cart entre les dis­cours et les actes ». Il met en cause des « pro­messes non tenues » et affirme que « l’é­li­tisme social fran­çais laisse trop de conci­toyens sur le bord de la route ». Le seuil de pau­vre­té que prend en compte l’Ob­ser­va­toire pour ce rap­port est fixé à 855 euros par mois, soit 50% du reve­nu médian. État des lieux, évo­lu­tion his­to­rique, visage de la pau­vre­té : voi­ci ce qu’il faut rete­nir de ce rapport.

Depuis 1970, la courbe retra­çant le taux de pau­vre­té se sépare en deux périodes : l’a­vant et l’a­près 2000. En 1970, on comp­tait 5,7 mil­lions de pauvres au seuil à 50%. En 1990, le chiffre est tom­bé à 3,7 mil­lions après plu­sieurs baisses régu­lières. Mais, à par­tir du début des années 2000, le nombre de pauvres en France ne connaît plus ces dimi­nu­tions, pour­tant habi­tuelles depuis plus de trente ans, constate le rap­port. Au contraire, le nombre de per­sonnes pauvres a même eu ten­dance à aug­men­ter, pour pla­fon­ner à cinq mil­lions en 2013. « La reprise de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique et la dimi­nu­tion du chô­mage » a inter­rom­pu cette hausse, sans pour autant faire bais­ser le nombre de pauvres. Ce que le rap­port met en avant n’est pas une « explo­sion de la misère » mais plu­tôt une hausse du nombre de per­sonnes qui décrochent du niveau de vie des classes moyennes.

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