Au nom de Rous­seau, la Révo­lu­tion a‑t-elle orga­ni­sé l’oppression sociale ?
L'atelier de serrurerie de Louis Malaval

Au nom de Rous­seau, la Révo­lu­tion a‑t-elle orga­ni­sé l’oppression sociale ?

La loi Le Cha­pe­lier de 1791, par laquelle les révo­lu­tion­naires abo­lissent les cor­po­ra­tions, pré­tend libé­rer l’économie pour moder­ni­ser une France en crise. Elle se révèle bien­tôt être une res­tric­tion consi­dé­rable du droit des travailleurs. 

Consti­tuées depuis le Moyen Âge sur des modèles très divers, les cor­po­ra­tions de métier sont deve­nues, au milieu du XVIIe siècle, l’archétype de la rigi­di­té de l’Ancien Régime aux yeux des libé­raux. Régle­men­ta­tion des prix et des salaires, stricte limi­ta­tion de la concur­rence et du nombre d’ateliers, nombre maxi­mum d’employés… Les mul­tiples contraintes impo­sées par ces struc­tures for­te­ment codi­fiées et hié­rar­chi­sées ont en effet de quoi sus­ci­ter la colère des défen­seurs de la liber­té économique.

Par­mi ceux-ci, le riche négo­ciant Vincent de Gour­nay incarne le mieux la conti­nui­té théo­rique qui unit libé­ra­lisme poli­tique et éco­no­mique. Cet éco­no­miste très proche des ency­clo­pé­distes dénonce l’« archaïsme des­truc­teur » des cor­po­ra­tions qui empêche le déve­lop­pe­ment éco­no­mique d’une France à l’aube de son indus­tria­li­sa­tion. L’un des dis­ciples les plus fidèles de Vincent de Gour­nay, l’ambitieux Tur­got, finit par accé­der au som­met de l’État en 1774, lorsqu’il est nom­mé contrô­leur géné­ral des finances par Louis XVI.

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