Julien Aubert : « Les sanc­tions contre la Hon­grie ne peuvent conduire qu’à la frag­men­ta­tion de l’Europe »

Julien Aubert : « Les sanc­tions contre la Hon­grie ne peuvent conduire qu’à la frag­men­ta­tion de l’Europe »

Vik­tor Orban s’est défen­du, mar­di 11 sep­tembre 2018. FREDERICK FLORIN/AFP

Les dépu­tés euro­péens ont choi­si d’ou­vrir une crise, ce mer­cre­di 12 sep­tembre, en votant une réso­lu­tion enclen­chant la pro­cé­dure dite de l’ar­ticle 7 à l’en­contre de la Hon­grie. Consta­tant une menace pour l’É­tat de droit dans le pays diri­gé par Vik­tor Orban, les euro­dé­pu­tés ont donc voté (par 448 voix pour et 197 contre et à la majo­ri­té des deux tiers des suf­frages expri­més) pour lan­cer le long pro­ces­sus au terme duquel il est théo­ri­que­ment pos­sible d’ex­clure un Éta­mure de son droit de vote dans l’Union.

Nous disons « théo­ri­que­ment » car, de fait, la Pologne, alliée de la Hon­grie, pour­ra s’op­po­ser à ce que la pro­cé­dure aille à son terme. Cette affaire de sanc­tion, pré­sen­tée à tort comme un com­bat du Bien contre le Mal, res­semble donc davan­tage à de la ges­ti­cu­la­tion poli­tique à l’ap­proche des élec­tions euro­péennes qu’à autre chose ; à une ins­tru­men­ta­li­sa­tion des « valeurs » euro­péennes, que cha­cun invoque sans jamais essayer de les caractériser.

Cette pro­cé­dure peut sem­bler juri­di­que­ment étrange : prendre une telle déci­sion sur la base d’une « menace » et non de faits, ne peut qu’ou­vrir la porte à de nom­breuses inter­pré­ta­tions, voire à des arrière-pen­sées. Le temps de parole consa­cré à la défense de Vik­tor Orban peut paraître éga­le­ment très limi­té au regard de l’hu­mi­lia­tion causée.

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