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Des mous­que­taires du Roi aux bar­bouzes de la République.

C’est par­fois à ce qui peut sem­bler déri­soire de prime abord que l’on recon­naît un homme ou un régime poli­tique, et qu’on le juge : ce n’est pas for­cé­ment juste mais c’est ain­si, et la poli­tique, tout comme l’exer­cice de l’État, n’est pas un che­min de roses, même si les épines sont sou­vent bien là… L’af­faire Benal­la nous rap­pelle ces quelques véri­tés simples, et four­nit l’oc­ca­sion d’en tirer quelques leçons que la Répu­blique se char­ge­ra sans doute d’ou­blier au pro­chain loca­taire de l’E­ly­sée, avant l’af­faire sui­vante : l’his­toire sert-elle vrai­ment à quelque chose dans ce régime d’am­nis­tie (celle qui accom­pagne l’a­mné­sie) quin­quen­nale, qui, d’une élec­tion à l’autre, croit repar­tir à zéro, dans une sorte de « tabu­la rasa » permanente ?

M. Benal­la révèle, à son corps défen­dant (sans jeu de mots au regard de sa fonc­tion près du pré­sident Emma­nuel Macron), les vices d’une Répu­blique qui croit, sous la cin­quième du nom, imi­ter la Monar­chie quand elle n’en est que la cari­ca­ture, par­fois réus­sie, sou­vent affli­geante, voire odieuse en cer­taines occa­sions. Ain­si, si l’on s’in­té­resse au cas des gardes du corps (ce qu’est M. Benal­la, mal­gré la titu­la­ture de « conseiller » ou de « col­la­bo­ra­teur du pré­sident » que la presse lui attri­bue) ou des ser­vi­teurs de l’État incar­né, il y a une grande dis­tance entre les mous­que­taires du Roi (ou les Gardes suisses) et les bar­bouzes de la Répu­blique qui, depuis le SAC gaul­liste aux offi­cines pri­vées dites de sécu­ri­té, arpentent les allées du Pou­voir, voire du Par­le­ment : le « pays légal » (qui semble avoir mieux résis­té au pas­sage du temps que le « pays réel », sou­vent dif­fi­cile à défi­nir ou à déli­mi­ter, et source de tous les phan­tasmes, éli­taires ou popu­listes) évoque sou­vent de grands prin­cipes mais pra­tique « la petite ver­tu »

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