Les roya­listes en Mai 68. Par­tie 3 : L’Ac­tion Fran­çaise contre les « Vietniks ».
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Les roya­listes en Mai 68. Par­tie 3 : L’Ac­tion Fran­çaise contre les « Vietniks ».

La guerre du Viet­nam et l’in­ter­ven­tion des troupes états-uniennes du côté du Sud-Viet­nam pro-occi­den­tal déclenchent dès 1965 un vent de contes­ta­tion aux États-Unis mêmes, vent qui souffle bien­tôt en tem­pête sur tous les pays du « camp capi­ta­liste » et par­ti­cu­liè­re­ment sur les cam­pus, désor­mais de plus en plus vastes et ouverts aux nou­velles classes mon­tantes des socié­tés démo­cra­tiques. Le mou­ve­ment étu­diant SDS (Stu­dents for a Demo­cra­tic Socie­ty), à l’o­ri­gine de la pre­mière mani­fes­ta­tion amé­ri­caine contre la poli­tique inter­ven­tion­niste des États-Unis au Viet­nam, fait par­tie de cette nou­velle gauche radi­cale très por­tée sur la « théo­ri­sa­tion » et capable de four­nir à ses mili­tants un ins­tru­ment dia­lec­tique effi­cace. Sans doute parce que la jeu­nesse a besoin de cer­ti­tudes plus encore que de réa­li­tés et de nuances, elle est moins atti­rée par une Eglise qui doute que par des cha­pelles qui affirment… Et les grou­pus­cules mar­xistes-léni­nistes, trots­kistes et maoïstes, pro­fitent de la répro­ba­tion d’une grande par­tie de l’o­pi­nion publique en Europe de l’Ouest (et même du géné­ral de Gaulle dont le dis­cours de Phnom-Penh reten­tit encore dou­lou­reu­se­ment aux oreilles de l’ad­mi­nis­tra­tion états-unienne…) pour recru­ter et for­mer des cadres, en Alle­magne, en Ita­lie et bien sûr en France, que « l’oncle Ho » connaît bien…

A Paris, les groupes d’ex­trême-gauche, même s’ils ne comptent pas beau­coup de membres actifs, font bien du bruit et savent se faire une large publi­ci­té par des « opé­ra­tions » (manifs, cha­huts, éven­tuel­le­ment bagarres) qu’ils font « mous­ser », comme savaient le faire jadis les Came­lots du Roi, « pre­mière bande révo­lu­tion­naire d’Eu­rope » selon un obser­va­teur d’a­vant 1914 : tout est uti­li­sé, et la guerre du Viet­nam est une véri­table aubaine. Autour de ce thème, ils cris­tal­lisent tous les mécon­ten­te­ments d’une jeu­nesse mal à l’aise dans une socié­té de consom­ma­tion dont le confort ne rem­place pas encore le « sup­plé­ment d’âme » indis­pen­sable aux jeunes, cet idéa­lisme un peu roman­tique qui fait par­ler de la jeu­nesse comme d’une folie pas­sa­gère, d’une pas­sion incontrôlable…

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