La croix inter­dite

La croix inter­dite

Ain­si le Conseil d’État a ordon­né la modi­fi­ca­tion de la sta­tue de Jean-Paul II, qui est ins­tal­lée sur une place de la com­mune de Ploër­mel dans le Mor­bi­han. Il fau­dra donc reti­rer la croix qui sur­plom­bait cette sta­tue repré­sen­tant le Pape. La dite sta­tue étant sauve. Cette déci­sion inter­vient après tout un par­cours judi­ciaire. C’est d’abord le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Rennes qui avait enjoint le maire de Ploër­mel de reti­rer le monu­ment de son empla­ce­ment. Enten­dez le monu­ment dans son ensemble, pas seule­ment la croix. Après appel auprès de la cour admi­nis­tra­tive de Nantes, l’arrêt de Rennes avait été annu­lé. C’est donc le Conseil d’État qui avait été sai­si pour arbi­trer en der­nière ins­tance, et on pour­rait dire qu’il a cou­pé la poire en deux, ne satis­fai­sant per­sonne : ni les plai­gnants, à savoir la fédé­ra­tion de la Libre Pen­sée et deux habi­tants de la com­mune, ni le maire soli­daire de sa muni­ci­pa­li­té et d’une grande par­tie de la popu­la­tion qui n’a nul désir de voir muti­ler un monu­ment qui s’est ins­crit dans le pay­sage local.

Et voi­là que cette affaire prend une dimen­sion inter­na­tio­nale : la Pologne, patrie natale de saint Jean-Paul II s’est émue en appre­nant la nou­velle. Mme Szyd­lo, Pre­mier ministre, a décla­ré que « le gou­ver­ne­ment polo­nais ten­te­ra de sau­ver de la cen­sure le monu­ment de notre com­pa­triote, et nous pro­po­se­rons de le trans­fé­rer en Pologne, en cas d’accord des auto­ri­tés fran­çaises et de la com­mu­nau­té locale ». Et d’ajouter : « Notre grande com­pa­triote, un grand euro­péen est un sym­bole de l’Europe chré­tienne unie. Le dik­tat du poli­ti­que­ment cor­rect – de la laï­ci­sa­tion de l’État – laisse la place à des valeurs qui nous sont étran­gères cultu­rel­le­ment et qui servent à ter­ro­ri­ser la vie quo­ti­dienne des euro­péens. »

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