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Amnes­ty et ter­ro­risme, liai­sons dangereuses

Moaz­zam Begg, ex-com­bat­tant d’Al-Qaïda dans les mon­tagnes de Bora Bora. (Reu­ters)

Elle a donc eu rai­son. Quatre ans après son évic­tion de la très sérieuse orga­ni­sa­tion des droits de l’Homme, Amnes­ty Inter­na­tio­nal, Gita Sah­gal (voir enca­dré) a vu la jus­tice bri­tan­nique vali­der ce qu’elle n’a eu de cesse de dénon­cer. L’Anglo-Pakistanais, Moaz­zam Begg, ex-com­bat­tant d’Al-Qaïda dans les mon­tagnes de Tora Bora, libé­ré de Guan­ta­na­mo en 2005, deve­nu porte-parole de Cage­Pri­so­ners (une asso­cia­tion de défense des musul­mans) indem­ni­sé par les auto­ri­tés bri­tan­niques, a donc été remis der­rière les bar­reaux le 1er mars der­nier. L’homme est accu­sé d’a­voir uti­li­sé les fonds récol­tés pour finan­cer des groupes ter­ro­ristes en Syrie. La preuve, selon Gita Sah­gal, qu’Amnesty aurait dû prendre ses dis­tances très tôt avec Begg.

L’ins­tru­men­ta­li­sa­tion d’or­ga­ni­sa­tions cari­ta­tives ou d’as­so­cia­tions qui pré­tendent défendre les droits de l’Homme, un concept nou­veau pour les isla­mistes ? « Pas du tout », rétorque le spé­cia­liste des mou­ve­ments dji­ha­distes, Jean-Charles Bri­zard, qui rap­pelle à juste titre, que ce modus ope­ran­di était prô­né déjà dans le texte fon­da­teur des chefs d’Al-Qai­da. « S’ils ont, en effet pen­dant long­temps, et en prio­ri­té, pri­vi­lé­gié les orga­ni­sa­tions cari­ta­tives pour cacher leurs véri­tables motifs, les isla­mistes et en par­ti­cu­lier les Frères musul­mans ont fait évo­luer leurs actions en se ser­vant depuis quelques années d’or­ga­ni­sa­tions des droits de l’Homme, plus com­pa­tibles avec ce que l’Oc­ci­dent attend ou veut entendre. »

Dji­had nor­mal à Bedford

Un fonc­tion­ne­ment de façade qui fonc­tionne à plein régime, en Angle­terre. Comme à Bed­ford, à 90 kilo­mètres au nord de Londres. Ce dimanche 16 mars était consa­cré aux musul­mans en pri­son. Cage­Pri­so­ners (CAGE) orga­nise la confé­rence. Celle-ci se tient dans le centre com­mu­nau­taire qui appar­tient à l’église angli­cane All Saints du dio­cèse de Saint-Alban. Proche de la scène, les chaises occu­pées par les hommes. Au fond de la salle, celles attri­buées aux femmes. Ces der­nières sans qu’on leur impose, s’empressent de sépa­rer les deux groupes par de grands pan­neaux. Puis font immé­dia­te­ment pas­ser une péti­tion en faveur de leur héros Moaz­zam Begg. Elles ne s’a­ven­tu­re­ront pas dans le car­ré masculin.

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