La soli­da­ri­té euro­péenne existe-t-elle vrai­ment ? Le cas de la Grèce.
|

La soli­da­ri­té euro­péenne existe-t-elle vrai­ment ? Le cas de la Grèce.

Dans cette cam­pagne pré­si­den­tielle, il est beau­coup ques­tion d’Eu­rope et de sa forme poli­tique actuelle bap­ti­sée Union euro­péenne : cer­tains la dénoncent, d’autres, au contraire, l’an­noncent comme la nou­velle Terre pro­mise et veulent en ren­for­cer les grands aspects, prin­ci­pa­le­ment dans le sens des signa­taires du Trai­té de Rome de 1957, c’est-à-dire dans le cadre d’une idéo­lo­gie libre-échan­giste et supra­na­tio­nale que dénon­çait dès 1957 Pierre Men­dès-France. Autant dire que les points de vue des can­di­dats qui s’af­frontent appa­raissent, au final, très variés et, sou­vent même, antagonistes.

Mais, s’il est sou­vent ques­tion d’Eu­rope, ne serait-il pas utile d’é­vo­quer, au-delà du Brexit qui agite beau­coup les salles de rédac­tion et les états-majors des can­di­dats, le cas de la Grèce et du trai­te­ment qui lui est actuel­le­ment infli­gé, dans une indif­fé­rence qua­si-géné­rale en Europe et par­mi les opi­nions publiques d’un ensemble « Union euro­péenne » qui se veut « cohé­rent » et, sur­tout sous la plume des édi­to­ria­listes euro­philes, « solidaire » ?

Cela fait désor­mais plus de sept ans que la Grèce s’en­fonce chaque jour un peu plus dans le marasme et la misère sociale, depuis qu’il a été démon­tré que ce pays avait, avec le sou­tien de la banque états-unienne Gold­man Sachs, tri­ché sur ses comptes pour inté­grer la zone euro qui devait lui garan­tir, si l’on en croit les pro­messes faites depuis le trai­té de Maës­tricht, sécu­ri­té finan­cière et pros­pé­ri­té. Il suf­fit de relire les articles et les livres écrits à la veille de la décen­nie 2000 pour consta­ter, au regard des réa­li­tés de 2017, que l’eu­ro n’a évi­dem­ment pas tenu ses pro­messes, à part celle de pou­voir cir­cu­ler avec la même mon­naie dans près d’une ving­taine de pays de l’U­nion : maigre conso­la­tion pour les Hel­lènes que de voir la chouette d’A­thé­na son­ner sur les comp­toirs pari­siens ou berlinois…

La suite