Les roya­listes et la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment dans les années 70. Par­tie 3 : les racines du mal et la réponse institutionnelle.
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Les roya­listes et la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment dans les années 70. Par­tie 3 : les racines du mal et la réponse institutionnelle.

Quels sont les pré­sup­po­sés idéo­lo­giques de ce pro­gres­sisme qui, aujourd’­hui, conjugue les sciences et le règne de l’Argent, de cette maxi­mi­sa­tion de la pos­ses­sion indi­vi­duelle plu­tôt que de la recherche du Bien com­mun ? Il y a, bien sûr, la fameuse for­mule de Ben­ja­min Frank­lin : « Time is money » (1), qui explique, par elle-même, tant de choses, et pas des meilleures, et signale le véri­table ren­ver­se­ment (2) de la com­pré­hen­sion, ou plu­tôt de l’ap­pré­hen­sion humaine du temps, désor­mais rame­né à la valeur moné­taire de ce qu’il peut « rap­por­ter » : une désa­cra­li­sa­tion du temps conju­guée à une valo­ri­sa­tion exclu­sive de l’Argent, qui devient la véri­table aune du monde et du temps, de son « uti­li­té » maté­rielle. C’est le triomphe de l’u­ti­li­ta­risme, rap­por­té au « pro­fit » indi­vi­duel et maté­riel, dans un sens de plus en plus finan­cier, l’argent deve­nant le vec­teur pri­vi­lé­gié des rela­tions sociales et celui de la nou­velle hié­rar­chi­sa­tion des classes sociales et des per­sonnes : le « gagneur » est alors pri­vi­lé­gié au dépens du « meilleur », Ber­nard Tapie ou Rock­fel­ler au dépens de saint Fran­çois d’As­sise ou des bénévoles…

La nature est aus­si vic­time de ce nou­vel état d’es­prit, dont Ben­ja­min Frank­lin n’est que l’in­ter­prète et qu’il puise dans une culture anglo-saxonne et pro­tes­tante qui fût, au XVIIIe siècle, « l’i­déo­lo­gie domi­nante » du monde ouest-euro­péen et qui se confond avec les fameuses « Lumières » dont il n’est pas cer­tain que nombre d’é­co­lo­gistes actuels aient bien mesu­ré les effets logiques sur la ges­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et l’é­tat d’es­prit des popu­la­tions consommatrices.

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