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De la « révo­lu­tion de soie » à la révo­lu­tion royaliste ?

C’est une sorte de « révo­lu­tion de soie » qu’a accom­plie M. Macron depuis un an et dont les effets se déroulent sous nos yeux, alors même que les oppo­si­tions qu’il s’est construites au sein du pays légal peinent à mobi­li­ser et à se fon­der concrè­te­ment, pié­gées par l’ha­bi­le­té d’un pré­sident-anguille qui sait incar­ner un État que d’autres n’a­vaient réus­si qu’à fra­gi­li­ser… Les échecs suc­ces­sifs de Mme Le Pen et de M. Mélen­chon, les mani­fes­ta­tions étiques d’une ren­trée sociale si peu agi­tée, les que­relles internes des grands par­tis de la défaite de 2017, l’a­pa­thie d’un corps social qui n’en revient pas d’a­voir por­té M. Macron au pou­voir… : tout cela concourt à cette ambiance étrange dans laquelle baigne le pays dont les élites fran­co­phones mon­dia­li­sées font désor­mais leur port, sinon d’at­tache, du moins d’in­té­rêt et de curio­si­té, comme d’un lieu sym­pa­thique à visi­ter le temps des vacances. Ambiance étrange et par­fois inquié­tante : j’en­tends de ci de là la rumeur sourde d’une colère qui tarde à s’ex­pri­mer mais qui est là, bien pré­sente au cœur des conver­sa­tions et au comp­toir des bis­trots, ce « par­le­ment du peuple » cher à Balzac.

Car, si l’op­ti­misme semble par­fois de retour dans le pays ou chez ses voi­sins, si le sou­rire enjô­leur du pré­sident peut atti­rer la sym­pa­thie quand ses actions peinent par­fois à convaincre vrai­ment, il reste bien que les mala­dies qui minent la nation dans son être et son espace plu­riel depuis si long­temps sont tou­jours actives, aus­si mali­cieuses soient-elles. Le chô­mage de masse, struc­tu­rel depuis qua­rante ans ; l’en­det­te­ment public qui fait que la France vit à cré­dit à par­tir de ce mar­di 7 novembre ; le malaise du monde agri­cole jadis noyé sous le gly­pho­sate qu’on lui reproche désor­mais d’u­ti­li­ser ; le des­sè­che­ment du monde rural et de cette France des vil­lages qui, pour­tant, fondent aus­si la par­ti­cu­la­ri­té fran­çaise ; l’ar­ti­fi­cia­li­sa­tion des terres qui ne cesse de s’é­tendre, véri­table can­cer de gou­dron ; les pol­lu­tions diverses et variées qui, si l’on en croit les scien­ti­fiques, entraînent chaque année le décès pré­ma­tu­ré de 40.000 per­sonnes dans notre pays ; la dépen­dance aux éner­gies fos­siles et à l’u­ra­nium, qui nous empêche de finan­cer cor­rec­te­ment le pas­sage rapide aux éner­gies renou­ve­lables, en par­ti­cu­lier marines ; la ques­tion régio­nale, si mal trai­tée par la pré­si­dence pré­cé­dente, encore empreinte d’un jaco­bi­nisme tout répu­bli­cain ; etc. Autant de sujets de pré­oc­cu­pa­tion et de sources d’in­quié­tudes, voire de colères et de contes­ta­tions, qui n’ont pas encore trou­vé de méde­cine d’État digne de ce nom.

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