Une enquête ouverte pour « favo­ri­tisme » autour de Paris-Plages

Une enquête ouverte pour « favo­ri­tisme » autour de Paris-Plages

Paris-Plages en juillet 2016. Cette opé­ra­tion esti­vale lan­cée par l’an­cien maire de Paris Dela­noë existe depuis 2002. Cré­dits pho­to : FRANCOIS GUILLOT/AFP

La jus­tice s’in­té­resse aux édi­tions 2012 et 2013 de cette opé­ra­tion esti­vale de la mai­rie de Paris. La muni­ci­pa­li­té, à l’é­poque diri­gée par Ber­trand Dela­noë, est soup­çon­née de finan­ce­ments irré­gu­liers contre­ve­nant aux codes des mar­chés publics ain­si que d’a­voir mini­mi­sé les coûts.

• Une enquête ouverte en décembre pour « favoritisme » 

La très popu­laire opé­ra­tion esti­vale « Paris-Plages » aurait-elle été enta­chée de finan­ce­ments irré­gu­liers ? Un juge d’ins­truc­tion enquête sur le finan­ce­ment d’une par­tie des tra­vaux d’a­mé­na­ge­ment des berges de la Seine pour les édi­tions 2012 et 2013. À l’é­poque, Ber­trand Dela­noë était encore maire de la capitale.

Une infor­ma­tion judi­ciaire a été ouverte le 8 décembre pour « favo­ri­tisme » et « recel de favo­ri­tisme » par le par­quet de Paris qui avait lan­cé, en 2015, une enquête pré­li­mi­naire, selon une source judi­ciaire inter­ro­gée par l’A­gence France-Presse. Les inves­ti­ga­tions ont été confiées à la bri­gade de répres­sion de la délin­quance éco­no­mique (BRDE) de la police judi­ciaire. Mer­cre­di, une per­qui­si­tion a été menée dans les locaux de la mai­rie de Paris.

• « Sérieux dys­fonc­tion­ne­ments » et mini­mi­sa­tion des coûts

Cette enquête fait suite à un rap­port de la chambre des comptes d’Ile-de-France, publié en sep­tembre 2015, qui poin­tait de « sérieux dys­fonc­tion­ne­ments » dans la ges­tion de l’o­pé­ra­tion dont on igno­rait « le coût réel ».

« Depuis la pre­mière édi­tion en 2002, le chif­frage esti­ma­tif, pré­sen­té au conseil de Paris, se situe constam­ment dans une four­chette com­prise entre 1,5 mil­lion et 2,2 mil­lions d’eu­ros. Or, après exa­men de la ges­tion sur plu­sieurs années de cette opé­ra­tion, il appa­raît qu’aucune éva­lua­tion véri­table du coût réel de la mani­fes­ta­tion n’a jamais été faite par les ser­vices. En effet, la Ville de Paris n’a pas été en mesure de four­nir une éva­lua­tion du coût des édi­tions de 2009 à 2011.Pour 2012 et 2013, elle a pro­duit un tableau très som­maire (15 lignes) pré­sen­tant une esti­ma­tion des coûts, au demeu­rant plus de deux fois supé­rieur aux chiffres com­mu­ni­qués aux membres du conseil de Paris et à la presse. Ce tableau était aus­si dis­cor­dant avec d’autres don­nées éma­nant des ser­vices » écri­vaient les magistrats.

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