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Défendre le corps et l’âme de la Patrie

Par La RÉDACTION de L’ASAF
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Le 11 novembre 2021, la France com­mé­mo­rait comme chaque année l’anniversaire de l’armistice de la Grande Guerre. Elle hono­rait aus­si le der­nier sur­vi­vant des 1038 Com­pa­gnons de la Libé­ra­tion avant que son corps ne rejoigne les 16 autres inhu­més au mémo­rial de la France com­bat­tante du Mont-Valé­rien depuis 1945.

Dans sa très brève et dense allo­cu­tion pro­non­cée le 11 novembre 1945, le géné­ral de Gaulle évo­quait la « défense du corps et de l’âme de la Patrie » comme ses enfants l’avaient assu­rée hum­ble­ment, les armes à la main, depuis 2 000 ans.

Défendre le corps de la Patrie 

L’Arc de Triomphe, défi­gu­ré durant quelques semaines, reste le lieu de notre mémoire natio­nale où des Fran­çais viennent quo­ti­dien­ne­ment se recueillir devant le tom­beau du Sol­dat incon­nu « mort pour la Patrie ». Ce sol­dat sans nom rap­pelle l’aspect intem­po­rel de ces sacri­fices et sym­bo­lise tout le sang ver­sé par ses enfants.

Depuis tou­jours, notre peuple a com­bat­tu pour que notre Patrie, la terre de nos pères, ne soit pas ampu­tée, ni ses fron­tières vio­lées par les enva­his­seurs. Toutes les géné­ra­tions ont rem­pli cette mis­sion sous l’impulsion de figures légen­daires telles que Gene­viève face aux Huns, Jeanne d’Arc contre les Anglais, Foch et de Gaulle repous­sant les Alle­mands. La défense col­lec­tive, obte­nue au prix de sacri­fices indi­vi­duels, a été assu­rée pour défendre le corps de cette patrie, la France, que nous avons aujourd’hui en héritage.

Mais défendre le corps de la Patrie c’est aus­si pro­té­ger « la veuve et l’orphelin », les femmes et les enfants garants de la sur­vie de la Nation. Alors, demain, dans 20 ans, alors que nous ne renou­ve­lons plus natu­rel­le­ment notre popu­la­tion[1], aurons-nous les hommes et les femmes en nombre suf­fi­sant et aptes phy­si­que­ment pour assu­rer notre défense ? Déjà, l’Angleterre et l’Allemagne ne par­viennent pas à recru­ter les sol­dats néces­saires. Chez nous, l’armée peine à sélec­tion­ner ses sol­dats, compte tenu du peu de can­di­dats à l’engagement.

« Le salut de la Patrie est éter­nel­le­ment pré­caire » rap­pe­lait le géné­ral de Gaulle en 1945, à l’issue de la « guerre de 30 ans » au cours de laquelle la France et l’Allemagne s’étaient affron­tées. Notre indé­pen­dance est tou­jours mena­cée par les grandes puis­sances, tant sur le plan stra­té­gique que dans le domaine des hautes tech­no­lo­gies, sans par­ler du domaine cultu­rel. Son inté­gri­té ter­ri­to­riale est même vio­lée dans ces zones dites de « non-droit » où un islam inté­griste cherche à impo­ser des lois contraires aux nôtres. Elle l’est aus­si par les actions sub­ver­sives menées par des nations étran­gères dans nos DROM-COM.

Défendre l’âme de la Patrie

Mais pour défendre l’âme de la Patrie, il faut d’abord connaître l’histoire et l’environnement de ceux qui nous ont pré­cé­dés, cher­cher à com­prendre les déci­sions qu’ils ont prises et les rai­sons qui les ont pous­sés à faire la guerre ou à conqué­rir des terres loin­taines. Quelles furent, il y a 1 000 ans, 100 ans, leurs moti­va­tions réelles, les inté­rêts visés, les joies éprou­vées et les souf­frances supportées ?

Il faut connaître et com­prendre le pas­sé avec objec­ti­vi­té et tirer les leçons de l’Histoire, sus­ci­ter le devoir de ser­vir cette patrie fra­gile dont l’avenir est tou­jours mena­cé, plu­tôt que de juger et de condam­ner. S’inspirer des figures clair­voyantes et héroïques grâce aux­quelles la France est tou­jours regar­dée et sou­vent admirée.

C’est pour­quoi la richesse de notre His­toire et la fier­té que nous pou­vons légi­ti­me­ment en tirer ne peuvent sup­por­ter les décla­ra­tions de repen­tance de don­neurs de leçons sou­vent ignares. Si l’historien a pour devoir de recher­cher les faits et de ten­ter d’expliquer leur l’enchaînement dans un contexte du moment si dif­fé­rent du nôtre, il est du devoir des poli­tiques d’assumer ce pas­sé après l’avoir ana­ly­sé fine­ment dans ses dimen­sions his­to­rique et géo­gra­phique afin de déve­lop­per leur capa­ci­té d’appréciation de situa­tion et de déci­sion. À leur tour, ils ont pour mis­sion d’assurer au mieux la péren­ni­té de la Nation.

Le « vivre ensemble » dont il est tant ques­tion aujourd’hui est-il un lien suf­fi­sant pour sus­ci­ter, si néces­saire, la défense du corps et de l’âme de la Patrie ? Vivre ensemble signi­fie-t-il vrai­ment que l’on est prêt à mou­rir ensemble ? La liber­té indi­vi­duelle tel­le­ment ché­rie aujourd’hui peut-elle exis­ter sans esprit de Défense avec la pers­pec­tive de sacri­fices que le com­bat exige ? Défendre l’âme de la France passe donc par une véri­table édu­ca­tion des citoyens. Mais peut-on assu­rer cette édu­ca­tion au res­pect, à la cama­ra­de­rie, à la loyau­té et à l’amour du pays quand on entend et lit « nique la France » sans que ces pro­pos soient fer­me­ment sanctionnés ?


La Défense de la France repose sur son armée, mais elle prend ses racines dans une démo­gra­phie dyna­mique et une solide édu­ca­tion autant fami­liale que sco­laire. Sans ces fon­de­ments, aujourd’hui fra­gi­li­sés, notre pays ne pour­ra assu­rer la défense ni de son corps ni de son âme.

La cam­pagne élec­to­rale qui s’ouvre doit être l’occasion, pour ceux qui aspirent à ser­vir la France en deve­nant chef d’État, de s’engager for­mel­le­ment sur ces deux dimen­sions vitales pour l’avenir afin que dans 20 ans les Fran­çais puissent conti­nuer à vivre au sein d’un pays libre tout en étant prêts à le défendre au prix du sacri­fice suprême. Là est l’essentiel.[1]Il faut une moyenne de 2,1 enfants par femme pour assu­rer en France le renou­vel­le­ment de la popu­la­tion. Aujourd’hui le taux de fécon­di­té n’est plus que de 1,84 enfant par femme.