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HISTOIRE : Algé­rie – 20 Août 1955. El-Halia, Un mas­sacre méconnu

20 août 1955, un mas­sacre mécon­nu. El-Halia est atta­qué entre 11 h 30 et midi le 20 août 1955.

C’est un petit vil­lage proche de Phi­lip­pe­ville, sur le flanc du dje­bel El-Halia, à trois kilo­mètres envi­ron de la mer. Là vivent 130 Euro­péens et 2 000 musul­mans. Les hommes tra­vaillent à la mine de pyrite, les musul­mans sont payés au même taux que les Euro­péens, ils jouissent des mêmes avan­tages sociaux. Ils poussent la bonne intel­li­gence jus­qu’à assu­rer leurs cama­rades Degand, Palou, Gon­za­lès et Hund­sbil­cher qu’ils n’ont rien à craindre, que si des rebelles atta­quaient El-Halia, « on se défen­drait » au coude à coude.

A 11 h 30, le vil­lage est atta­qué à ses deux extré­mi­tés par quatre bandes d’é­meu­tiers, par­fai­te­ment enca­drés, et qui opèrent avec un syn­chro­nisme remar­quable. Ce sont, en majo­ri­té, des ouvriers ou d’an­ciens ouvriers de la mine et, la veille encore, cer­tains sym­pa­thi­saient avec leurs cama­rades européens…

Devant cette foule hur­lante, qui bran­dit des armes de for­tune, selon le témoi­gnage de cer­tains res­ca­pés, les Fran­çais ont le sen­ti­ment qu’ils ne pour­ront échap­per au car­nage. Ceux qui les attaquent connaissent chaque mai­son, chaque famille, depuis des années et, sous chaque toit, le nombre d’ha­bi­tants. A cette heure-là, ils le savent, les femmes sont chez elles à pré­pa­rer le repas, les enfants dans leur chambre, car, dehors, c’est la four­naise et les hommes vont ren­trer de leur tra­vail. Les Euro­péens qui traînent dans le vil­lage sont mas­sa­crés au passage.

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