You are currently viewing La place Charles-de-Gaulle outragée

La place Charles-de-Gaulle outragée

Par La RÉDACTION de L’ASAF

www.asafrance.fr

 L’Association de Sou­tien à l’Armée Fran­çaise réagit aux fan­tai­sies pseu­do-artis­tiques d’une petite élite cultu­relle igno­rante de l’Histoire de notre pays et de la repré­sen­ta­tion sym­bo­lique de nos monu­ments. (NDLR)

Par­mi les monu­ments et lieux de mémoire dont regorge Paris, il en est deux par­ti­cu­liers par­mi les plus visi­tés : l’un sym­bo­lise l’âme de la capi­tale, c’est la cathé­drale Notre-Dame, en cours de recons­truc­tion, et l’autre son cœur, c’est l’Arc de Triomphe.

L’Arc est situé à la confluence de douze ave­nues pres­ti­gieuses – Champs-Ély­sées, Fried­land, Hoche, Wagram, Mac-Mahon, Car­not, Grande-Armée, Foch, Vic­tor-Hugo, Klé­ber, Iéna et Mar­ceau – qui forment une étoile qui a long­temps don­né son nom à la place qui les relie et, en posi­tion légè­re­ment sur­éle­vée, il semble éclai­rer à l’est la ville qui s’étale à ses pieds.

« Vous ne ren­tre­rez dans vos foyers que sous des Arcs de Triomphe ! » s’était excla­mé l’empereur Napo­léon au len­de­main de la bataille d’Austerlitz. En 1806, par décret impé­rial, il ordon­nait l’édification de cet Arc de Triomphe, pour « per­pé­tuer le sou­ve­nir des vic­toires des armées fran­çaises ». Il fal­lut pour­tant attendre trente ans pour que, en1836, le monu­ment soit offi­ciel­le­ment inau­gu­ré par Louis-Philippe.

Quatre-vingt-trois ans plus tard, le 14 juillet 1919, défi­lèrent sous l’arche immense les troupes vic­to­rieuses de la Grande Guerre avant que n’y soient inhu­més, le 28 jan­vier 1921, les restes d’un sol­dat incon­nu. Dès lors, le monu­ment chan­geait de nature. En plus d’être un lieu de mémoire, il deve­nait l’écrin magni­fique et gran­diose d’un tom­beau ren­fer­mant la dépouille d’un sol­dat qui en repré­sen­tait 1 400 000 autres et qui lui confé­rait un carac­tère sacré.

Enfin, le der­nier évé­ne­ment mar­quant la vie bien rem­plie de ce monu­ment fut, par arrê­té du 13 novembre 1970, soit quatre jours après la mort de l’intéressé, la déci­sion de rebap­ti­ser la place de l’Étoile en place Charles-de-Gaulle sans qu’à ce patro­nyme ne soit ajou­té aucun titre par­ti­cu­lier tel que géné­ral ou pré­sident. C’est l’homme Charles de Gaulle qui est hono­ré ici et qui inclut certes, le géné­ral et le pré­sident, mais aus­si le sol­dat de la Grande Guerre et l’écrivain, car à ce titre il tenait beaucoup.

Et pata­tras ! Alors qu’il entame les neuf der­niers mois de son man­dat de pré­sident, soit à peine la durée d’une année sco­laire, le can­di­dat poten­tiel­le­ment décla­ré à sa réélec­tion, Emma­nuel Macron, fait pro­cé­der à l’emballage de cette sépul­ture. Il y avait déjà eu les outrages du 1er décembre 2018, quand des auto­pro­cla­més « gilets jaunes » s’étaient intro­duits dans le musée que le monu­ment ren­ferme pour en détruire le conte­nu. Ce même jour, veille de l’anniversaire de la bataille d’Austerlitz, les piliers de l’Arc ont recueilli des graf­fi­tis où s’exprimait la haine d’une foule hys­té­rique envers nos gou­ver­nants. Ce sac­cage avait sus­ci­té une répro­ba­tion géné­rale et tout le monde était tom­bé d’accord sur un mot d’ordre alors impé­ra­tif : « Plus jamais cela ! ».

À l’heure où vous lirez ces lignes, cet embal­lage stu­pide et odieux sera en cours et cache­ra pen­dant au moins deux semaines les noms des batailles mémo­rables comme ceux des com­bat­tants illustres qui sont gra­vés sur les piliers. Cette insulte aux gloires pas­sées est insup­por­table à nos cœurs de sol­dats. Le géné­ral de Gaulle, auquel se réfère volon­tiers notre actuel pré­sident et à qui il rend hom­mage chaque année à Colom­bey, le jour anni­ver­saire de sa mort, serait sans doute lui aus­si révol­té par cette hon­teuse mas­ca­rade. Et d’ailleurs, pour­quoi n’est-il pas venu à l’esprit de l’actuel pré­sident d’emballer la tombe de son prédécesseur ?

Le 11 novembre 2019, le pré­sident de la Répu­blique inau­gu­rait, dans le parc André Citroën, à Paris, un monu­ment depuis long­temps atten­du, dédié aux sol­dats morts en opé­ra­tions exté­rieures depuis la fin de la guerre d’Algérie. Sur les murs qui le bordent étaient alors gra­vés 549 noms de sol­dats tués sur 17 théâtres d’opérations. Depuis, ce chiffre s’est accru d’au moins 10 noms sup­plé­men­taires. Vien­drait-il à l’idée de quelqu’un de cacher ces noms pen­dant quinze jours ? Quelle serait alors la réac­tion des familles ? Peut-on, au nom d’un « art » éphé­mère inven­té par l’esprit tor­tueux d’un artiste étran­ger, aujourd’hui décé­dé et inhu­mé aux États-Unis, tout faire ? Pour­quoi mon­sieur Chris­to n’a‑t-il pas embal­lé le Capi­tole ou le mémo­rial Lin­coln à Washington ?

Mon­sieur le Pré­sident, peut-être ne le savez- vous pas parce que per­sonne n’a eu le cou­rage de vous le dire, mais vous com­met­tez là une grave erreur. En pri­vé, des maires d’arrondissement à Paris, des dépu­tés, des direc­teurs d’administrations cen­trales du minis­tère des Armées et même des ministres désap­prouvent ce pro­jet. Ils ont com­pris eux que le monde com­bat­tant consi­dé­rait cette ini­tia­tive comme une véri­table décla­ra­tion de guerre. Ils savent aus­si que, tou­jours englués dans une crise sani­taire qui n’en finit pas, les Fran­çais ont bien d’autres pré­oc­cu­pa­tions que d’apprécier ou non des ini­tia­tives artis­tiques dou­teuses et vont consi­dé­rer cela comme une diver­sion bien mal venue.

Depuis un siècle, la tombe du Sol­dat incon­nu est fleu­rie tous les jours par des Fran­çais venus de tous les hori­zons et sou­vent entou­rés de tou­ristes étran­gers de pas­sage. Cet hom­mage modeste, qui émane du cœur du peuple, accom­pa­gné du ravi­vage de la Flamme qui éclaire le tom­beau et qui, même sous l’occupation alle­mande, n’a jamais ces­sé, ne se suf­fit-il pas à lui-même et n’est-il pas plus signi­fiant qu’un énorme « bar­num » qui n’avait pour objet ini­tial que de satis­faire son « inventeur » ?

 La RÉDACTION de L’ASAF
www.asafrance.fr