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Pour­quoi la Monar­chie ? (3) : la liber­té du roi

Par Jean-Phi­lippe Chauvin

Autres avan­tages du mode de trans­mis­sion héré­di­taire de la Monar­chie : l’indépendance de la magis­tra­ture suprême de l’État mais aus­si l’autonomie du poli­tique à l’égard des féo­da­li­tés de l’économique. Le roi ne doit rien à per­sonne, n’étant l’élu de per­sonne et n’ayant pas été obli­gé de se construire une clien­tèle et de faire appel à des puis­sances finan­cières pour accé­der au pou­voir. Cela lui donne une grande liber­té, une indé­pen­dance à l’égard des féo­da­li­tés poli­tiques (en par­ti­cu­lier les par­tis), qui, certes, n’empêche pas leur jeu par­le­men­taire ou démo­cra­tique, mais en limite les effets sur l’État et sa repré­sen­ta­tion. Si le roi n’a pas à être omni­pré­sent dans la vie poli­tique du pays, il est le gar­dien des ins­ti­tu­tions, l’incarnation de l’État et sa repré­sen­ta­tion diplo­ma­tique : son indé­pen­dance est une chance pour le pays, même si elle peut par­fois être mal com­prise et qu’elle ne le garde pas entiè­re­ment des pres­sions de l’Opinion et de ses repré­sen­tants, ne serait-ce que par la nature même des modes de com­mu­ni­ca­tion et de dis­cus­sion poli­tique contem­po­rains. En tout cas, son indé­pen­dance sta­tu­taire lui per­met aus­si de por­ter la parole du poli­tique face à l’économique, en par­ti­cu­lier quand ce der­nier cherche par tous les moyens à s’affranchir de ses devoirs sociaux : le roi peut jouer un rôle impor­tant de média­teur poli­tique entre les prin­ci­paux acteurs de la scène éco­no­mique et sociale, et rap­pe­ler, à l’instar du comte de Cham­bord et du pape Jean-Paul II que « l’économique doit être au ser­vice des hommes, et non l’inverse ». Mais il est vrai qu’il fau­dra au sou­ve­rain de « l’Instauration » faire preuve d’une grande fer­me­té et volon­té, et que la nou­velle Monar­chie, dans les pre­mières années de sa mise en place, devra qué­rir une part de sa légi­ti­mi­té dans la capa­ci­té à garan­tir la jus­tice sociale.