CANCEL DE CULTURE OU CULTURE DU CANCEL ?

CANCEL DE CULTURE OU CULTURE DU CANCEL ?

Tout d’abord, un peu de voca­bu­laire, avec ce qu’il faut de refus des angli­cismes imbé­ciles. Il n’y a pas plus fran­çais que le verbe can­cel­ler, qui a cédé la place à son syno­nyme annu­ler. De même que le mot anglais can­cel­la­tion, qui veut dire « obli­té­ra­tion appo­sée sur un timbre-poste », existe tel quel en fran­çais, au sens de annu­la­tion. Mais il n’y a aucun rai­son de tra­duire can­cel par can­cel­la­tion, ou par can­cel­le­ment, puisque le mot can­cel est du pur fran­çais lui aussi.

Quand on néo­lo­gise, ou quand on désar­chaïse, il ne faut pas avoir peur de faire court. Il est stu­pide de pré­tendre que seul l’anglais sait faire court et que c’est là son avan­tage face au fran­çais. Il est sot de pen­ser ou de lais­ser dire que le fran­çais ne se com­plaît que dans les suf­fixes à ral­longe. Le verbe espé­rer est asso­cié à espoir, non à espé­ra­tion, espé­rage ou espé­re­ment. Le verbe oublier est asso­cié à oubli, non à oublia­tion ou à oublie­ment. Dès lors, le sub­stan­tif asso­cié à can­cel­ler doit être can­cel, et rien d’autre.

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