Anne-Sophie Cha­zaud : « La cen­sure est désor­mais un moyen d’action mili­tant assumé »

Anne-Sophie Cha­zaud : « La cen­sure est désor­mais un moyen d’action mili­tant assumé »

Vous défen­dez l’idée que la liber­té d’expression est en crise et que la défense d’idées qui vont à l’encontre de ce que vous appe­lez « la morale contem­po­raine » est aujourd’hui entra­vée par de nom­breuses contraintes qui « étranglent » ceux qui s’y risquent. C’est un point de vue que l’on entend sou­vent, mais jus­te­ment, la paru­tion même de votre livre ain­si que du pré­sent entre­tien ne démentent-ils pas votre pro­pos ? Est-ce que réel­le­ment, en France, « on ne peut plus rien dire » ?

La com­plainte vic­ti­maire du « on ne peut plus rien dire » n’est pré­ci­sé­ment pas l’objet de ce tra­vail. D’abord parce que la pos­ture vic­ti­maire est en elle-même l’un des ingré­dients de l’esprit et des méthodes liber­ti­cides contem­po­raines : il serait donc regret­table de s’y adon­ner tout en la dénon­çant. Ensuite, parce que, concrè­te­ment, l’étau dont je démonte (et démontre) ici les méca­nismes et l’aspect sys­té­mique, est en train de com­men­cer à céder sous la pres­sion d’une réac­tion popu­laire et intel­lec­tuelle qui n’entend plus se lais­ser dic­ter ses modes de pen­sée et d’expression.

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