Ber­nard Lugan : « Déco­lo­niaux : nous allons abou­tir à une réac­tion atomique… »

Ber­nard Lugan : « Déco­lo­niaux : nous allons abou­tir à une réac­tion atomique… »

Qu’est-ce que le mou­ve­ment déco­lo­nia­liste qui gan­grène notre socié­té ? Com­ment expli­quer son implan­ta­tion dans les men­ta­li­tés, avec quelles réfé­rences ? Et quel est le rôle de l’université de l’UNEF dans cette pensée ?

A‑t-on une chance d’en finir un jour ?

L’université est-elle le ber­ceau de la repentance ?

Je ne sais pas si c’est le ber­ceau mais, en tout cas, c’est le vec­teur et un peu l’accoucheur de ce phé­no­mène, sur­tout dans le domaine des sciences humaines. Je suis très sévère avec l’université, qui est mon corps d’origine dans lequel j’ai ser­vi pen­dant plus de trente ans. Je suis très sévère avec la branche sciences humaines. Pour le droit et la méde­cine, c’est dif­fé­rent puisqu’il y a des concours. Il n’y a pas la prise en main idéo­lo­gique comme dans les sciences humaines. Cela étant, cela ne veut pas dire que les ensei­gnants en sciences humaines n’ont pas de bons diplômes. Ils ont tous de bons diplômes et des peaux de lapin à n’en plus finir. En plus des diplômes, pour faire car­rière dans les sciences humaines, il faut être de gauche. Si vous n’êtes pas de gauche, quels que soient les diplômes que vous pou­vez avoir, vous ne ris­quez pas de faire car­rière.
Tout a com­men­cé dans les années de la fin de l’Empire colo­nial. Un cer­tain cou­rant a com­men­cé à mili­ter pour la déco­lo­ni­sa­tion. Ce cou­rant a pris, petit à petit, le contrôle des uni­ver­si­tés. Je parle tou­jours dans le domaine de l’histoire de l’Afrique et l’africanisme. Disons qu’à par­tir des années 70 – 80, lorsque les der­niers anciens qui avaient une vision tra­di­tion­nelle de l’histoire de l’Afrique, une nou­velle géné­ra­tion est appa­rue. Cette der­nière a recru­té par endo­ga­mie sur un cer­tain nombre de points essen­tiels. Il fal­lait abso­lu­ment défendre l’idée que les eth­nies n’existaient pas avant la colo­ni­sa­tion. Le fait eth­nique est un fait d’enracinement. C’est donc à condam­ner dès le départ. Si l’Afrique a des pro­blèmes, c’est parce qu’il y a un pro­blème eth­nique. Ce pro­blème a été créé par la colo­ni­sa­tion. Tout le monde sait que l’Afrique était un conti­nent où cou­lait le lait et le miel, la paix et la fra­ter­ni­té universelle.

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