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« L’Art poé­tique de Charles Maur­ras » par Luc-Oli­vier d’Algange

  Le Dieu t’encoche à l’arc de la mer » – Charles Maur­ras

Charles Maur­ras est un illustre mécon­nu. On retient de son œuvre   des idées géné­rales, trans­mises par des his­to­riens hos­tiles ou des vul­ga­ri­sa­teurs. Quelques for­mules suf­fisent à l’intellectuel qui se targue de culture géné­rale. Il par­le­ra d’empirisme orga­ni­sa­teur, de natio­na­lisme inté­gral, de ger­ma­no­pho­bie et d’antisémitisme, et la démons­tra­tion lui sem­ble­ra faite de la désué­tude et de l’inanité de l’œuvre. Ces méthodes expé­di­tives, que l’on applique éga­le­ment à Gobi­neau et qui tra­hissent l’inculture crois­sante de nos contem­po­rains, n’expliquent rien de l’influence pro­fonde que l’œuvre de Maur­ras exer­ça sur des hommes aus­si divers que Mau­rice Blan­chot, Jean Paul­han, Paul Valé­ry, Mar­cel Proust, Robert Bra­sillach, Daniel Halé­vy, Pierre Bou­tang ou Georges Ber­na­nos, – auquel nous devons aus­si la cri­tique la plus forte, sinon féroce,  de l’Action fran­çaise.

La lec­ture est un art qui dif­fère presque insen­si­ble­ment de l’art d’écrire. Autant dire que nos cen­seurs modernes ne lisent plus : ils com­pulsent, classent, éti­quettent, en se fiant le plus sou­vent à des lec­tures secon­daires, le recours à l’original étant consi­dé­ré comme une perte de temps.  On oublie trop que le droit à la cri­tique dépend de la fré­quen­ta­tion des oeuvres et non seule­ment de compte-ren­du ou de fiches de police plus ou moins som­maires. Dans l’histoire de la phi­lo­so­phie poli­tique et de la lit­té­raire, la place de Charles Maur­ras, n’en déplaise à cer­tains, est irrécusable.

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