La Monar­chie royale, garan­tie d’une tran­si­tion démo­cra­tique apaisée ?

La Monar­chie royale, garan­tie d’une tran­si­tion démo­cra­tique apaisée ?

La démo­cra­tie n’est pas tou­jours un long fleuve tran­quille, et les récents évé­ne­ments sur­ve­nus aux États-Unis autour et au sein même du Capi­tole en sont une preuve indé­niable, du moins pour ceux qui cherchent le sens des choses plu­tôt que l’écume des seuls faits. La dif­fi­cul­té de M. Trump à accep­ter de quit­ter la Mai­son Blanche et les émeutes du 6 jan­vier (qui res­sem­blaient plus à un mou­ve­ment de colère qu’à une conju­ra­tion réflé­chie) nous rap­pellent que la tran­si­tion démo­cra­tique dépend aus­si d’un contrat poli­tique dans lequel la défaite est pos­sible et le pou­voir issu de l’élection remis en cause à chaque nou­velle élec­tion, deux élé­ments consti­tu­tifs des régimes démo­cra­tiques et, a prio­ri, non négo­ciables. Or, ces élé­ments doivent être inté­grés autant par les diri­geants dési­gnés par le suf­frage (appar­te­nant au « pays légal » sans en être tou­jours les véri­tables maîtres) que par les élec­teurs eux-mêmes (issus du « pays réel » sans en incar­ner toutes les dimen­sions et diversités).

Dans le récent cas états-unien, c’est l’ancien pré­sident qui, bien que défait par le suf­frage de façon assez nette (mal­gré les fraudes pos­sibles, qui semblent néan­moins s’équilibrer de part et d’autre), a bri­sé le consen­sus autour de la néces­saire accep­ta­tion du sort des urnes, lais­sant souf­fler l’esprit de sus­pi­cion sur l’ensemble du scru­tin et ris­quant de rui­ner ses pos­sibles chances d’un nou­veau man­dat dans quatre ans, tout en don­nant rai­son à ceux de ses détrac­teurs qui, pour cer­tains d’entre eux, avaient jadis contes­té le résul­tat de novembre 2016 favo­rable à M. Trump. Bien sûr, la décep­tion devant un résul­tat qui ne cor­res­pond ni à vos attentes ni à ce qui sem­blait pro­mis par les son­dages dans cer­tains cas (Mme Clin­ton avait rem­por­té tous les son­dages sans empor­ter les suf­frages suf­fi­sants…) peut entraî­ner des réac­tions d’émotion que la rai­son recouvre géné­ra­le­ment le len­de­main. Dans le cas de M. Trump, l’émotion est res­tée intacte jusqu’au 6 jan­vier, au point de mena­cer la tran­si­tion démo­cra­tique et de fra­gi­li­ser dura­ble­ment ce pro­ces­sus et ce consen­sus d’acceptation par­mi la popu­la­tion des États-Unis qui, désor­mais, seront peut-être moins cer­tains lors des pro­chains scrutins.

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