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Bien­heu­reux Coro­na­vi­rus !!! ( par­tie I)

Par Antoine de Cré­miers, Pierre de Meuse, Hen­ri Augier

Avant pro­pos

Nous ouvrons aujourd’hui un débat   interne à notre mou­ve­ment pro­po­sé par des mili­tants de longue date, ins­crits dans l’histoire de l’Action fran­çaise et connus pour leurs actes et leurs écrits. Ils font un constat lucide de la faillite du poli­tique dans notre pays appuyé par une par­tie de l’« élite » intel­lec­tuelle  enga­gée pour la dis­so­lu­tion de la nation dans un mon­dia­lisme imper­son­nel, tech­no­cra­tique et aveugle aux besoins des peuples. Mais en dehors de ce constat que nous par­ta­geons tous, ils nous pro­posent de réflé­chir, à l’occasion  éclai­rante de la pan­dé­mie bran­die comme « l’Armageddon », ensemble à des alter­na­tives pos­sibles, pour le jour d’après, dans tous les domaines :  Sociaux, éco­no­miques, cultu­rels… pour rap­pro­cher les fran­çais et trou­ver des outils sus­cep­tibles de contrer les agis­se­ments d’un sys­tème autiste, et mépri­sant toute ten­ta­tive de prendre en compte l’expression popu­laire en la taxant de popu­liste, c’est-à-dire aux yeux des libé­raux liber­taire :  Extré­miste et into­lé­rante, ce qui est un comble quand on connait l’arsenal répres­sif déployé par le pou­voir contre toutes formes d’opposition dans notre pays. Étant don­né la lon­gueur de ce texte, il parai­tra en deux par­ties. Nous com­men­çons par le constat et nous conti­nue­rons sur la mise en « ordre de bataille ».

Oli­vier Perceval

Il est effec­ti­ve­ment grand temps de nous mettre en ordre de bataille pour « le jour d’après » qui sera sans doute sanglant.

Nous sommes en 1929 et bien­tôt en 1933 ? Mais avec une nuance tou­te­fois. A l’époque, la crise marque pour beau­coup la fin du libé­ra­lisme et son échec pour des causes endo­gènes, impos­sibles à dis­si­mu­ler. Les libé­raux dépriment et en 1938 dans la revue de Paris, Louis Rou­gier déplore que les par­ti­sans du libé­ra­lisme appa­raissent comme « de don­qui­chot­tesques pala­dins attar­dés à défendre une cause per­due ». Le libé­ra­lisme semble alors repré­sen­ter une caté­go­rie défi­ni­ti­ve­ment réfu­tée par l’histoire. Il fau­dra des années pour que ses adeptes le res­sus­citent après l’épisode de l’État providence.

Aujourd’hui :

Depuis assez long­temps déjà, le sys­tème mar­chait vers l’abîme, condam­né à pati­ner de plus en plus vite sur une glace de plus en plus mince, appuyé sur un endet­te­ment déli­rant sus­ci­té par la crise des années 2007/2008 époque où les Etats avaient répon­du au pro­blème de la dette par plus de dettes en trans­for­mant par un tour de passe-passe les dettes pri­vées en dettes publiques. Dans un mou­ve­ment sans fin ali­men­té par des taux main­te­nus au plus bas, par­fois même néga­tifs, et une créa­tion moné­taire appa­rem­ment inépui­sable dont la part essen­tielle, sans s’investir dans l’économie tour­nait en rond dans la sphère finan­cière, le sys­tème res­sem­blait fort au cato­blé­pas cet ani­mal fabu­leux tel­le­ment bête qu’il se dévo­rait lui-même. Nos hommes poli­tiques ne savaient plus que faire pour dis­si­mu­ler leur folie sachant que l’implosion était proche, mais qu’il   parais­sait pos­sible de la retar­der indé­fi­ni­ment ou du moins jusqu’au pas­sage du relais à leurs successeurs.

Mais l’heure des règle­ments de compte appro­chait dan­ge­reu­se­ment, lorsque sur­vint comme par enchan­te­ment le coro­na­vi­rus. Bien­heu­reux coro­na­vi­rus dont il faut à tout prix noir­cir et dra­ma­ti­ser les effets pour per­mettre de se dégui­ser en chef de guerre sans craindre le ridi­cule, lui attri­buer tous les maux du temps pré­sent, exo­né­rer ceux qui en sont res­pon­sables et tuer l’économie qui ne pour­ra être sau­vée à nou­veau que par une créa­tion moné­taire déli­rante et en « en même temps » ten­ter de ras­su­rer les peuples par des pro­messes inte­nables, L’État devant jouer le rôle d’un assu­reur tous risques. Leur seule arme, c’est la planche à billets. Cette cause répu­tée pure­ment exo­gène vient don­ner un répit au sys­tème. Répit qui sera de courte durée tou­te­fois, les com­pa­rai­sons ras­su­rantes qui sont faites avec la période 2007/2008 étant nulles et non ave­nues ; on voit même des pré­vi­sion­nistes et ana­lystes éco­no­miques, ceux qui se trompent tou­jours, expli­quer doc­te­ment que oui, il y aura un moment dif­fi­cile, mais dès le troi­sième tri­mestre et sur­tout au qua­trième, la crois­sance repar­ti­ra… Nous consta­te­rons très vite le déca­lage entre pro­messes et réa­li­sa­tions. Nos éco­no­mies sont à l’arrêt et beau­coup d’entreprises et de pro­fes­sions indé­pen­dantes ces­se­ront leurs acti­vi­tés ce qui méca­ni­que­ment entraî­ne­ra des baisses de ren­trées fis­cales et une aug­men­ta­tion du chômage…Or, nous ne savons pas quand la pro­duc­tion pour­ra repar­tir, quelle sera l’importance du chô­mage et celle des per­sonnes sans res­sources et pas davan­tage com­bien de banques et d’assureurs vont faire faillite, nous ne savons pas… Et le jour d‘après risque fort d’être celui de la colère contre les « habiles » qui ne peuvent cacher leurs méfaits, inca­pables de four­nir du gel hydro alcoo­lique, des masques, des res­pi­ra­teurs, des lits, des tests, qui tiennent des pro­pos contra­dic­toires, prennent des déci­sions qui ne le sont pas moins, révé­lant leur dra­ma­tique incu­rie. Ce sera la colère des maires, celle des forces de l’ordre, du per­son­nel médi­cal et hos­pi­ta­lier et de ceux, nom­breux, trom­pés et abu­sés par des men­teurs pro­fes­sion­nels qui ne feront plus illusion.

Et pen­dant ce temps là… les « habiles » non seule­ment plaident non cou­pables, mais répètent qu’ils avaient rai­son et pré­parent dans les cou­lisses leur retour sur le devant de la scène.

MATHIEU LAINE : Dans un livre récent inti­tu­lé « Il faut sau­ver le monde libre » L’auteur défile les pro­pos conve­nus d’un libé­ra­lisme tran­quille pour­tant mena­cé par des enne­mis qui deviennent chaque jour plus dangereux :

« Alors qu’objectivement le monde va mieux ! Les ouvrages se mul­ti­plient relayant l’idée du cré­pus­cule de notre civi­li­sa­tion, condam­nant pêle-mêle l’économie de mar­ché, la faillite de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, une mon­dia­li­sa­tion à mille lieues du « doux com­merce » de Mon­tes­quieu, les fric­tions iden­ti­taires, le désen­ga­ge­ment citoyen ou l’individualisation d’un monde obsé­dé par le maté­ria­lisme ; et il pour­suit : « Du loin­tain bou­lan­gisme qui ras­sem­blait les bona­par­tistes, les monar­chistes et les répu­bli­cains, tous oppo­sés à la IIIème répu­blique, aux cin­quante nuances de jaunes des années Macron, d’Orbanen Hon­grie, au par­ti véri­té et jus­tice en Pologne, jusqu’au régime auto­ri­taire de Madu­ro au Vene­zue­la et celui d’Erdogan en Tur­quie en pas­sant par l’alliance ita­lienne entre le mou­ve­ment cinq étoiles et la ligue der­rière Sal­vi­niou l’administration Trump, et désor­mais Boris John­son, le popu­lisme ramasse, mixe, et fait son miel de la mul­ti­tude des frus­tra­tions, des colères et des insa­tis­fac­tions, comme on drague sans nuance le fond des océans. Il prend autant de visages que d’incarnations et com­mu­nie, contre la ratio­na­li­té his­to­rique, contre les preuves sta­tis­tiques, au rejet enflam­mé de tout ou par­tie des valeurs fon­da­trices du monde libre. »

Mathieu laine accuse les contes­ta­taires de som­brer dans le racisme, l’an­ti­sé­mi­tisme, l’obs­cu­ran­tisme, fou­lant aux pieds le fon­de­ment vital de nos démo­cra­ties que sont les droits essen­tiels, les ins­ti­tu­tions, les votes, les élus et leurs man­dats. La très grande puis­sance du monde libre réside dans sa capa­ci­té à chan­ger de diri­geants par le vote et non par la force. Cer­tains l’ont mani­fes­te­ment oublié. (Inter­dit de rigo­ler !!!) Cette radi­ca­li­sa­tion est une insulte à la rai­son, une mise en marge de la répu­blique et une menace pro­fonde pour l’a­ve­nir de notre com­mu­nau­té humaine. Et dans un para­graphe inti­tu­lé la conver­gence des brutes, il ajoute « l’é­poque n’a pas seule­ment redon­ner vie dans un concert mêlant comme jamais aupa­ra­vant le vrai et le faux aux pro­messes les plus déma­go­giques elle a aus­si fait resur­gir les fan­tômes du pas­sé. En France le mou­ve­ment des gilets jaunes, par­ti d’une jac­que­rie fis­cale a réveillé le ser­pent de mer de la lutte des classes, des places, et des crasses. Comme à la grande époque de la conver­gence des brutes, le jaune a fini par s’as­som­brir et res­sus­ci­ter une sinistre pan­dore déli­rant inexo­ra­ble­ment au jaune rouge et au jaune brun.

Dans un article paru dans le Figa­ro du mer­cre­di 1er avril (!) Mathieu Laine, psy­cho­ri­gide et mono­ma­niaque pour­suit l’analyse que lui dicte son idéo­lo­gie et lui fait tenir des pro­pos absurdes : « En ces temps tra­giques où nous lut­tons contre un mal invi­sible et pleu­rant nos morts, mesu­rant dans nos chairs l’importance par­fois oubliée du pri­mat de la liber­té (!) l’heure a son­né de pen­ser nos len­de­mains… A ce moment-là, un pre­mier piège nous ten­dra les bras : le repli durable sur nous-mêmes. Parce que nom­breux sont ceux qui asso­cient l’épidémie à la mon­dia­li­sa­tion, la ten­ta­tion sera grande de main­te­nir nos fron­tières fer­mées et nos volets bais­sés sur le pas-de-porte de l’altérité. Notre monde y allait tout droit, cédant aux injonc­tions de la peur, de la colère et de l’envie tout en niant les apports objec­tifs de la cir­cu­la­tion des biens, des hommes et de la connais­sance. Ce serait là une erreur majeure…

ALAIN MINC  ou les rai­sons d’être optimistes !!!

A son tour, mani­fes­tant la même incom­pré­hen­sion du temps pré­sent, et tout aus­si psy­cho­ri­gide, Alain Minc dans un article du figa­ro du mar­di 31 mars nous donne « des rai­sons sérieuses d’espérer » car dit-il,  les pou­voirs publics ont tort de pro­cla­mer que nous vivons une crise pire qu’en 1929, c’est para­doxa­le­ment grâce à eux que nous évi­te­rons la grande dépres­sion qui prennent les bonnes mesures : « Poli­tique bud­gé­taire una­nime et incroya­ble­ment expan­sion­niste, créa­tion moné­taire sans limite, moné­ti­sa­tion aus­si large que néces­saire des dettes publiques, volon­té de gar­der les effec­tifs pro­fes­sion­nels et et d’éviter le chô­mage de masse. »

Nous ne sommes pas non plus pour­suit-il, en 2008, époque où le sys­tème ban­caire aurait pu explo­ser et l’économie de mar­ché som­brer. « Aujourd’hui, l’univers ban­caire est effi­cace, ali­mente les cir­cuits éco­no­miques qui fonc­tionnent à 65% et demain sans doute davan­tage, compte tenu des redé­mar­rages en vue. L’économie réelle marche fut-ce à vitesse réduite et sera en situa­tion de redé­mar­rer, une fois la crise finie, au prix d’un plan de relance ». Ayez confiance donc et résis­tons aux « pas­sions tristes car, dans un monde qui ne ces­sait de dis­qua­li­fier chaque jour l’action poli­tique, jamais celle-ci n’a pris depuis des décen­nies une telle légi­ti­mi­té. » A voir ce libé­ral saluer l’action des pou­voirs publics, cer­tains pour­raient pen­ser, à tort, que ce ren­for­ce­ment du rôle de l’État signe le faire-part de décès du libé­ra­lisme, il n’en est rien, bien au contraire, le ren­for­ce­ment de l’action des pou­voirs publics visant, c’est une constante, à sau­ver le mar­ché et les règles de la concur­rence, Alain Minc est un vrai libé­ral, il en assume com­plè­te­ment les contraintes. Comme le disait si bien Dur­kheim « L’Etat a été le libé­ra­teur de l’individu. C’est l’Etat qui, à mesure qu’il a pris de la force a affran­chi l’individu des groupes par­ti­cu­liers et locaux qui ten­daient à l’absorber, famille, cité, cor­po­ra­tion… L’individualisme a mar­ché dans l’histoire du même pas que l’étatisme »

LUC FERRY : Il ne man­quait plus à ce flo­ri­lège de pro­pos imbé­ciles que ceux du vieux bar­bon répu­bli­cain et kan­tien. Dans un article du figa­ro, daté du jeu­di 26 mars il s’attaque vio­lem­ment aux « vau­tours » aux oiseaux de mal­heur qui « sonnent le réveil ». « L’avenir nous dit-il, mon­tre­ra vite que cette crise ne chan­ge­ra au final que peu de choses. Certes, elle tou­che­ra dure­ment des per­sonnes et des entre­prises, mais pas le sys­tème de la mon­dia­li­sa­tion libé­rale (Ouf!) que consacre au contraire la logique des GAFA : jamais smart­phones et tablettes n’ont autant ser­vi ! Oui, il y aura des faillites, une réces­sion colos­sale et un endet­te­ment inévi­table, néan­moins dra­ma­tique… Un Eta­ten­det­té, voire en faillite, n’en res­te­ra pas moins un Etat­faible. La crois­sance libé­rale mon­dia­li­sée repar­ti­ra donc en flèche dès que la situa­tion sera sous contrôle. Les reve­nus de nos conci­toyens auront dimi­nué, certes, mais ils auront aus­si fait des éco­no­mies et elles inon­de­ront le mar­ché dès la fin du confi­ne­ment. Donc, « Ce sera repar­ti non pas comme en 14, mais comme dans les périodes d’après-guerre. Busi­ness as usual est l’hypothèse la plus pro­bable, et du reste aus­si la plus rai­son­nable, n’en déplaise aux collapsologues. »

Les trois posi­tions évo­quées ci-des­sus ne peuvent que nous lais­ser sidé­rés, elles sont assises sur une absence totale de logique, de cohé­rence et de cette inca­pa­ci­té des idéo­logues à com­prendre le réel qui les trans­forment, comme le dit si bien Charles Gave à pro­pos de Macron en par­fait cré­tins, mais dan­ge­reux comme le mon­tre­ra très cer­tai­ne­ment la suite des évènements.