[Tri­bune] Covid-19, Europe, mon­dia­li­sa­tion : et si nous ache­vions “l’ordre libé­ral international” ?

[Tri­bune] Covid-19, Europe, mon­dia­li­sa­tion : et si nous ache­vions “l’ordre libé­ral international” ?

Par Pierre-Yves Rou­gey­ron

La pan­dé­mie mon­diale de Covid-19 semble avoir empor­té avec elle, le libre-échange, les mythes euro­péistes et la mon­dia­li­sa­tion. Pierre-Yves Rou­gey­ron, confé­ren­cier et spé­cia­liste des rela­tions inter­na­tio­nales, fait le deuil de cet ordre inter­na­tio­nal qui depuis 30 ans allait à sa perte. 

Il y a des morts que l’on ne compte pas dans la pan­dé­mie actuelle, de peur peut-être que nul ne les pleure. Par­mi ces défunts ou ces caco­chymes, on trouve la mon­dia­li­sa­tion, le mythe euro­péen, et main­te­nant « l’ordre libé­ral inter­na­tio­nal », selon les mots d’Henry Kis­sin­ger en début de mois dans le Wall Street Jour­nal. Le grand his­to­rien et pra­ti­cien des rela­tions inter­na­tio­nales exhor­tait les États du monde à ne pas tour­ner le dos à la pros­pé­ri­té qui se trou­ve­rait au coin de la rue, entre le libre-échange mon­dia­li­sé et la mobi­li­té internationale.

La dévo­tion légi­time à l’une des intel­li­gences les plus péné­trantes du XXe siècle ne doit pas nous empê­cher de prendre du recul face à une défense sans mesure d’un ordre inter­na­tio­nal qui n’en fut pas un. Au lieu de lui tres­ser des éloges funèbres ou de pen­ser devoir le « pré­ser­ver », peut-être est-il temps de l’achever ou de le lais­ser mourir.

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