De quoi le Coronavirus est-il le nom ?

De quoi le Coronavirus est-il le nom ?

Par Eric Bianchi docteur en médecine

De quoi le Coronarovirus est-il le nom nous dirait Alain Badiou. Difficile pour lui de répondre en l’absence d’étude de Lyssenko. Après avoir lu, entendu et même dit beaucoup de bêtises quelques éléments un peu sérieux. Les deux dernières grandes pandémies de la même échelle sont la grippe asiatique de 56-58 et la grippe espagnole de 18-20. (Le SIDA n’étant pas comparable.)

Les deux voient leurs origines en Chine, l’explication la plus vraisemblable est la proximité homme-animaux dans ces régions. Les deux sont des mutations spontanées du H1N1, virus de la grippe, l’actuelle appartient à la famille des Coronavirus mais les mutations spontanées des virus sont naturelles. Avec des frontières fermées pour cause de guerre l’épidémie de 18 fit 50 millions de mort (consensus OMS), le bilan actuel peut paraitre dérisoire mais il faut rappeler la durée de l’épidémie. Le premier cas fut recensé en mars 1918, le dernier en juillet 1921.

Nous en sommes à peine à 3 mois. La mondialisation a surement accéléré la propagation mais on voit bien qu’une pandémie peut aussi se propager dans un monde plus fermé, celui de 18 était le monde de la première guerre mondiale, celui de 56 était celui de la guerre froide. La grippe de 18 fut très contagieuse au point qu’on estime que plus de 50 % de la population mondiale fut atteinte. Le virus actuel est également plus contagieux que la grippe banale mais il est difficile de comparer les statistiques. A la contagiosité lors de l’incubation, le Covid-19 ajoute les portages sains facteurs de dispersion. L’extrême mortalité de 18-20 fut liée à la mutation du virus, il y eut quasiment deux épidémies, une première presque classique puis une seconde liée à la mutation du virus aux USA qui vit le départ d’une nouvelle vague plus mortelle. Certains soupçonne une mutation actuelle en Iran et de toutes façons elle reste toujours possible. LA mortalité…

Certains se gaussent du chiffre environ 2 % pour faire passer la maladie pour bénigne. Rappelons que la grippe tue 10 000 personnes environ par an en France et sa mortalité est de ….0,3 %. La mortalité de la grippe espagnole fut de 2 % également. La distribution dans la pyramide des âges est différentes (14 % de mortalité chez les personnes âgées) Si on se rapporte aux chiffres français actuels qui semblent concorder avec les premières études épidémiologiques chinoises, le taux de cas grave (cas ennemis réanimation/cas totaux) est élevé ce qui n’est pas bon. Donc il ne faut ni minimiser ni se catastropher inutilement. La vigilance doit durer plusieurs mois même en cas de baisse de l’épidémie. A titre individuel appliquez les mesures classiques de prévention ; à titre collectif espérer des décisions gouvernementales cohérentes (mais…) et un élan de civisme.