A l’affiche : La véri­té

A l’affiche : La véri­té

Par Guil­hem de Tar­lé

La véri­té, un film fran­co-japo­nais de Hiro­ka­zu Kore-eda, avec Cathe­rine Deneuve (la star Fabienne), Juliette Binoche (sa fille Lumir, scé­na­riste) et Ethan Hawke (Hank, le mari de Lumir)

La véri­té : Cathe­rine Deneuve joue Cathe­rine Deneuve.

La véri­té,  en l’oc­cur­rence,  c’est celle de Charles Azna­vour :


"il faut savoir coûte que coûte
(...)
S'en aller sans se retourner
(...)
Il faut savoir quitter la table
(...)
Sans s'accrocher l'air pitoyable
Mais partir sans faire de bruit".

C’est ce que ne sait pas faire Fabienne, l’héroïne du film, et c’est ce que ne sait pas faire non plus Cathe­rine Deneuve qui n’en finit pas avec sa « tour­née des adieux ».
Ce fut La der­nière folie de Claire Dar­ling, c’est main­te­nant La véri­té,  qui nous dit sans doute effec­ti­ve­ment la véri­té sur Cathe­rine Deneuve.  Ce long-métrage, trop long, d’un réa­lisme crû, res­semble à une auto­bio­gra­phie, en pré­sen­tant une actrice vieillis­sante, égoïste et égo­cen­trique, per­sua­dée de son talent et qui n’a vécu que pour lui.

On a l’im­pres­sion que Cathe­rine Deneuve ne joue pas mais, comble du cabo­ti­nisme, qu’elle se montre telle qu’elle est.
Mon épouse n’est pas de mon avis, qui par­tage celui de Paul Ver­meu­len dans le quo­ti­dien Pré­sent, en qua­li­fiant « Cathe­rine Deneuve, (d”)extraordinaire en star capri­cieuse ».

Pour moi, le seul  inté­rêt du film, s’il faut lui en trou­ver un, est ailleurs. Il est dans l’idée de Kore-eda de réa­li­ser un film dans le film et de nous faire pas­ser ain­si de l’autre côté de l’é­cran pour assis­ter,  scène par scène, à sa fabri­ca­tion. Dur, dur, le métier d’acteur !