Et main­te­nant Latécoère

Et main­te­nant Latécoère

Par Charles du Geai 

Et main­te­nant Laté­coère. La France veut encore aban­don­ner un de ses fleu­rons à l’Etranger

L’adage est bien connu : quand la naï­ve­té est per­ma­nente, elle res­semble à s’y méprendre à de la tra­hi­son. L’attentisme du gou­ver­ne­ment et des ser­vices de sécu­ri­té fran­çais devant les vel­léi­tés amé­ri­caines de rachat de Laté­coère est au moins un aban­don en rase cam­pagne sinon une capi­tu­la­tion sans avoir combattu.

His­toire d’un crime géopolitique. 

Quand un fond d’investissement amé­ri­cain spé­cia­li­sé dans les nou­velles tech­no­lo­gies de pointe cherche à déte­nir le prin­ci­pal d’une entre­prise fran­çaise essen­tielle à la sou­ve­rai­ne­té natio­nale, la rai­son com­mande de lui fer­mer les portes du mar­ché fran­çais. Sear­chlight Capi­tal Part­ners (SCP)  est entré mas­si­ve­ment au capi­tal de Laté­coère en avril 2019, obte­nant plus d’un quart des droits de vote de la structure. 

La hol­ding n’allait pas s’arrêter en si bon che­min et a pré­ve­nu de sa volon­té de por­ter une OPA sur Laté­coère en juin der­nier. Elle détien­drait alors les trois quarts des droits de vote de l’entreprise. Liber­té capi­ta­liste répon­dront cer­tains. C’est dou­teux quand on sait que l’aimable fon­da­teur de SCP n’est autre qu’Oliver Haar­mann, ancien par­te­naire majeur de KKR, dont l’un des prin­ci­paux déci­deurs et David Patreus, ancien directeur…de la CIA ! KKR avait d’ailleurs déjà réus­si un énorme coup contre les entre­prises fran­çaises en se por­tant acqué­reur de Mor­pho, filiale de l’entreprise Safran, spé­cia­li­sée dans l’identification bio­mé­trique ou dans le sec­teur de l’électronique de défense d’Airbus. Autant allouer direc­te­ment les impôts des Fran­çais et les concours finan­ciers gou­ver­ne­men­taux dans la Recherche et Déve­lop­pe­ment au Pentagone !

Laté­coère, au cœur de la sou­ve­rai­ne­té numérique. 

Emma­nuel Macron et Bru­no Le Maire répon­dront cer­tai­ne­ment qu’il en va là de la concur­rence com­mer­ciale nor­male dans l’économie de mar­ché. Un peu comme le pré­sident de la Répu­blique vient de l’affirmer à Amiens. Tou­te­fois, ils ne trom­pe­ront per­sonne. Laté­coère déve­loppe actuel­le­ment la tech­no­lo­gie qui devrait rem­pla­cer la WiFi d’ici quelques années notam­ment en matière de pro­tec­tion des don­nées et des réseaux…intéressant pour la sou­ve­rai­ne­té numé­rique, n’est-ce pas ?  La LiFi (Light Fide­li­ty) emploie en effet des savoirs pho­to­niques pour aug­men­ter par 160 la rapi­di­té de la WIFi, réduire les ondes et rendre la bande pas­sante gra­tuite et moins faci­le­ment espionnable. 

Com­ment pen­ser que la France puisse main­te­nir une auto­no­mie stra­té­gique inter­na­tio­nale si elle aban­donne une firme qui tra­vaille pêle-mêle : au sys­tème d’inter-connexion de ses satel­lites, à la sécu­ri­té des réseaux d’Airbus, au Rafale ou à l’avion de trans­port de troupes mili­taires Air­bus A400 M ? Oncle Sam sera ravi d’avoir les détails de ces tech­no­lo­gies clefs en main.

Demeure une ques­tion : pour­quoi aucune cam­pagne de presse n’est orga­ni­sée pour faire connaître ce dan­ger aux Fran­çais ? Com­ment expli­quer qu’aucune parole poli­tique ne soit mobi­li­sée afin de défendre ce fleu­ron natio­nal ? L’Action Fran­çaise appelle tous les patriotes à la mobi­li­sa­tion pour dévoi­ler ce nou­veau scan­dale industriel.

Charles du Geai, rédac­teur-en-chef Le bien commun