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Le voile isla­mique est l’expression d’un ordre social

Des enfants et leurs mères aux tenues bigar­rées devant une école élé­men­taire à Bor­deaux en 2012 Pho­to : PIERRE ANDRIEU / AFP

A nou­veau, les contro­verses sur le voile isla­mique font rage, cette fois autour de la tenue des mères accom­pa­gnant les sor­ties sco­laires. Et deux ques­tions se posent à nou­veau. Le port du voile relève-t-il de démarches indi­vi­duelles de per­sonnes expri­mant par là ce qu’elles ont de plus intime, ou plu­tôt d’une norme col­lec­tive qu’il s’agit de res­pec­ter si l’on veut être en règle avec sa com­mu­nau­té ? De plus, le voile consti­tue-t-il un sym­bole pro­pre­ment reli­gieux, expres­sion d’une foi, ou plu­tôt un sym­bole social, élé­ment d’un ordre islamique ?

Ce qu’on observe dans les pays musul­mans, ou encore dans les quar­tiers des pays occi­den­taux à forte pré­sence musul­mane, ne laisse de doute quant à la dimen­sion pro­fon­dé­ment col­lec­tive de ce port. Il faut être bien aveugle, ou de mau­vaise foi, pour nier l’importance de cette dimen­sion. Mais sur le second point, sym­bole reli­gieux ou expres­sion d’un ordre social, la réponse est moins évidente.

Foi ou reven­di­ca­tion ? Le voile isla­mique expres­sion d’un ordre social : la lim­pi­di­té du Coran

Et l’on voit jusqu’à des adver­saires réso­lus de l’emprise isla­miste prêts à admettre que la tenue isla­mique relève du registre de la foi. Le sujet est d’importance car, s’il en était bien ain­si, l’argument sou­vent sou­le­vé de l’incompatibilité de la tenue isla­mique avec les us et cou­tumes des socié­tés occi­den­tales ne serait pas rece­vable. On aurait en effet un affron­te­ment entre d’un côté une ques­tion de liber­té de conscience, donc de res­pect des droits de l’homme et de l’autre l’attachement à de simples habi­tudes sociales. Il paraît clair que le pre­mier devrait l’emporter. Certes, même en accep­tant ce ter­rain reli­gieux, toute résis­tance à l’emprise isla­mique n’est pas impos­sible car on peut invo­quer la défense de la laï­ci­té. C’est le cas pour la tenue des agents publics. Mais cette invo­ca­tion est accu­sée d’être d’islamophobe et, de tout manière, ne concerne que des aspects limi­tés de la vie sociale. Mon­trer que la tenue isla­mique relève en fait d’un registre social et pas d’un registre de foi est lourd d’enjeux.

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