Les mau­vaises manières de M. de Rugy.
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Les mau­vaises manières de M. de Rugy.

M. de Rugy se retrouve dans une situa­tion dif­fi­cile après la révé­la­tion de sou­pers oné­reux aux frais de la Répu­blique, au béné­fice de quelques amis et sans réel rap­port avec ses fonc­tions poli­tiques d’alors. Les homards « géants » (sic !) ser­vis lors de ceux-ci sont deve­nus le sym­bole fort du déca­lage du ministre et de ce pays légal qui s’impose au pays réel quand il devrait, d’abord, le ser­vir. Sa défense mal­adroite ne fait que rajou­ter au malaise, et c’est sa direc­trice de cabi­net, elle-même prise dans une affaire d’occupation d’HLM sans l’habiter vrai­ment, qui en a fait les frais, contrainte à la démis­sion avec les mêmes argu­ments que ceux que M. de Rugy réfute pour lui-même. Pour­tant, en soi, les sommes dépen­sées un peu légè­re­ment et les petits pri­vi­lèges dont M. de Rugy a visi­ble­ment usé et abu­sé ne repré­sentent que bien peu de choses, et l’on est bien loin des mil­lions, voire mil­liards d’euros per­dus par les fraudes diverses et variées pra­ti­quées par les aigre­fins qui spé­culent sur le dos, trop sou­vent, de la France et des Fran­çais. Mais c’est le sym­bole qui frappe les esprits, et l’on sait la force de celui-ci en une période où nos com­pa­triotes sont appe­lés, pour de bonnes mais par­fois aus­si de mau­vaises rai­sons, à faire des efforts finan­ciers, par le biais de taxes tou­jours renouvelées.

Déci­dé­ment, l’été est meur­trier pour la Répu­blique, et voi­ci après « l’été Benal­la » l’été de Rugy, au fil des « révé­la­tions » de la presse et des déné­ga­tions de l’intéressé, encore sou­te­nu par le gou­ver­ne­ment et para­dant à la tri­bune pré­si­den­tielle ce 14 juillet… Au moment même où l’écologie est deve­nue une poli­tique d’Etat, du moins offi­ciel­le­ment, et où des taxes nou­velles, qui ne sont pas toutes cho­quantes, sont créées quand d’autres sont éten­dues, l’affaire tombe mal, et risque bien de dis­cré­di­ter, dans une confu­sion géné­rale des genres, la néces­saire poli­tique de « tran­si­tion éco­lo­gique » (mal nom­mée, sans doute, ou impré­cise, en tout cas). En cela, l’attitude de M. de Rugy, entre mépris et mau­vaise foi, est irres­pon­sable et sui­ci­daire pour le minis­tère qu’il repré­sente, même si ce qu’on lui reproche n’a, pour l’heure, que peu à voir avec son poste actuel (hor­mis les ren­contres plus ou moins infor­melles avec des lob­byistes aux méthodes et argu­ments dou­teux) mais bien plu­tôt avec celui, pré­cé­dent, de pré­sident de l’Assemblée nationale.

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