La monar­chie chez Maurras

La monar­chie chez Maurras

Le monar­chisme est une idée poli­tique. Sou­vent asso­cié à une simple pos­ture, il est, chez Maur­ras, le fruit d’une logique intellectuelle.

« Oui ou non, demande Maur­ras, à l’aube du XXe siècle, l’ins­ti­tu­tion d’une monar­chie tra­di­tion­nelle, héré­di­taire, anti­par­le­men­taire et décen­tra­li­sée est-elle de salut public ? » La monar­chie, pour Maur­ras, n’est pas seule­ment une ins­ti­tu­tion : elle doit aus­si per­mettre de libé­rer les struc­tures sociales, afin de redon­ner au pays réel la maî­trise de son des­tin. Une véri­table repré­sen­ta­tion de la nation, incom­pa­tible avec la Répu­blique, est même consub­stan­tielle à la monar­chie : « Il faut consti­tuer, orga­ni­ser la France, ou plu­tôt la lais­ser se consti­tuer et s’or­ga­ni­ser en une mul­ti­tude de petits grou­pe­ments, natu­rels, auto­nomes : véri­tables répu­bliques locales, pro­fes­sion­nelles, morales ou reli­gieuses […] se gou­ver­nant par libres conseils spon­ta­nés. Le par­le­men­ta­risme, expul­sé de l’É­tat cen­tral, peut se réfu­gier dans ces États infé­rieurs ». La Répu­blique n’a jamais réus­si à assu­rer la repré­sen­ta­tion du pays réel, se conten­tant d’une repré­sen­ta­tion par­ti­sane qui se pré­tend l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale alors qu’elle n’est que celle d’une oli­gar­chie qui a confis­qué le pou­voir. Confis­ca­tion contre laquelle s’ex­prime, aujourd’­hui, la colère du pays réel en Gilet jaune.

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