La sécu­ri­té de l’ordre public

La sécu­ri­té de l’ordre public

C’est tout à fait for­tuit, mais la publi­ca­tion de l’enquête par­le­men­taire sur l’état des forces de l’ordre a coïn­ci­dé avec l’évasion spec­ta­cu­laire de Redoine Faïd de la pri­son de Réau en Seine-et-Marne. Et l’on est obli­gé d’établir une rela­tion entre le moral de la police et de la gen­dar­me­rie avec un fait qui ne plaide sûre­ment pas pour la sécu­ri­té morale de notre appa­reil de pro­tec­tion. Car il y a une étroite cor­res­pon­dance entre ce qui relève du minis­tère de l’Intérieur et ce qui relève du minis­tère de la Jus­tice, ce der­nier étant garant de la fia­bi­li­té de notre sys­tème péni­ten­tiaire. Le rap­port par­le­men­taire met en évi­dence le décou­ra­ge­ment des forces de l’ordre face aux carences de la jus­tice. Il est pour le moins démo­ra­li­sant de retrou­ver libres dans la rue les délin­quants que l’on s’est don­né la peine d’arrêter quelques jours aupa­ra­vant.

Et que dire de cette éva­sion spec­ta­cu­laire qui concerne un déte­nu par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux, cou­pable d’avoir tué une jeune poli­cière, maman d’un petit gar­çon, lors d’un bra­quage raté en 2010. Et pour aggra­ver les choses, l’actrice Béa­trice Dalle a eu l’inconscience de se réjouir de cette opé­ra­tion, au demeu­rant réa­li­sée dans des condi­tions tech­niques éton­nantes avec l’appui d’un héli­co­ptère. Énorme pro­vo­ca­tion que ne sau­rait excu­ser on ne sait quelle sen­si­bi­li­té anar­chiste. On com­prend l’émotion de la mère de la poli­cière tuée : « Je lui sou­haite de ne pas vivre ce que nous avons vécu, de ne pas perdre dans de telles condi­tions un être aimé, un être qui vous man­que­ra toute votre vie. Ça anéan­tit toute une famille, et un petit gar­çon qui va gran­dir sans sa maman. »

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