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Quand la Monar­chie fami­liale anglaise donne à réflé­chir pour la France…

La nais­sance d’un troi­sième enfant dans le foyer du prince William et de sa femme Kate a été lar­ge­ment média­ti­sée, et elle inter­vient dans un contexte favo­rable pour la Cou­ronne d’An­gle­terre, juste avant le mariage du fils cadet du prince Charles et de Lady Dia­na avec une jeune femme, décrite comme « moderne » par les tabloïds anglo-saxons. Le vieux roya­liste fran­çais que je suis constate, avec un brin d’a­mer­tume ou d’en­vie, qu’ain­si c’est la Monar­chie anglaise qui, aujourd’­hui, attire les regards et les sou­rires atten­dris, et qui semble sus­ci­ter moins de rica­ne­ments que l’es­ca­pade et les embras­sades amé­ri­caines du pré­sident Macron. Sans doute, dira-t-on, les enjeux ne sont pas les mêmes, mais la pré­sence d’un État au monde et sa cré­di­bi­li­té inté­rieure dépendent aus­si beau­coup du « spec­tacle » de sa magis­tra­ture suprême, quelle qu’elle soit, ce que le répu­bli­cain Régis Debray avait déjà sou­li­gné dans sa pré­face au livre d’Yves La Marck, « Monar­chie et poli­tique étran­gère », pré­face qu’il fau­drait toute entière retrans­crire et commenter.

 La famille royale bri­tan­nique n’est-elle pour rien dans les suc­cès de lon­gé­vi­té du Com­mon­wealth, qui font réflé­chir tant de par­ti­sans d’une Com­mu­nau­té fran­co­phone mon­diale, cette famille d’or­phe­lins épars, sans force car sans pres­tige ni repré­sen­ta­tion ? Le prin­cipe ani­mal de l’hé­ré­di­té, avec pedi­grees et saillies sur contrat, comme fon­de­ment de légi­ti­mi­té, ne jette-t-il pas quelque noire lumière sur nos régimes d’o­pi­nion et les carences de stra­té­gie inter­na­tio­nale qui en dérivent ? » Effec­ti­ve­ment, ces ques­tions méritent d’être posées et d’au­tant plus aujourd’­hui lorsque l’on constate la grande dif­fi­cul­té de la diplo­ma­tie fran­çaise à trou­ver des sou­tiens, non seule­ment fiables mais fidèles, dans un monde de plus en plus instable et « bal­ka­ni­sé » ou, plus exac­te­ment, en pleine recom­po­si­tion mon­diale et redis­tri­bu­tion des puis­sances et alliances : si les efforts du pré­sident Macron sont bien réels (même si on peut ne pas être tou­jours d’ac­cord avec leur orien­ta­tion), ils appa­raissent sou­vent vains dans une Union Euro­péenne qui ne par­tage pas la vision, toute fran­çaise, d’une « Europe puis­sance » capable d’exis­ter par elle-même. Même si l’ac­tuel loca­taire de l’E­ly­sée a bien inté­gré les méca­nismes du spec­tacle d’État, il lui manque cet enra­ci­ne­ment dans un ter­reau his­to­rique et fami­lial qui fait la force de la Monar­chie au Royaume-Uni, et cette ins­crip­tion dans le temps « qui polit au lieu d’é­pui­ser ».

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