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Quand les popu­lismes fleu­rissent en Europe.

L’U­nion euro­péenne est actuel­le­ment tra­ver­sée, nous dit-on avec un brin d’ef­froi sur toutes les chaînes de radio et de télé­vi­sion, par un cou­rant qua­li­fié de popu­liste qui, de la Hon­grie à l’Al­le­magne, de la Pologne à l’I­ta­lie, semble tout bou­le­ver­ser ou, du moins, bous­cu­ler les habi­tudes des démo­cra­ties occi­den­tales, plus accou­tu­mées à un cer­tain entre-soi des élites poli­tiques et éco­no­miques qu’au par­tage du pou­voir avec des élus « déga­gistes », appa­rem­ment moins dociles envers les puis­sances d’argent ou la gou­ver­nance bruxel­loise. En fait, si la ques­tion migra­toire est le car­bu­rant prin­ci­pal de cette contes­ta­tion venue du fond des urnes, c’est aus­si la ges­tion de celle-ci et de la « crise » (qui n’est rien d’autre, en défi­ni­tive, que la pour­suite du pro­ces­sus d’une mon­dia­li­sa­tion désor­mais moins favo­rable à nos éco­no­mies et à ses pro­duc­teurs et tra­vailleurs) par les États et les ins­ti­tu­tions euro­péennes qui en est l’ac­cu­sée par les élec­teurs : désor­mais, la révolte n’est plus dans la rue (ou si peu) et le bul­le­tin de vote est deve­nu un pavé plus effi­cace dans nos sys­tèmes élec­tifs démo­cra­tiques que celui bri­seur de vitrines ! En somme, nous assis­tons à une sorte de Mai 68 à l’en­vers, et le vieux slo­gan de Cohn-Ben­dit, celui de son époque anar­chiste nan­ter­roise, « élec­tions, piège à cons » est désor­mais grom­me­lé par les grands par­tis défaits ou mena­cés de l’être lors de pro­chaines échéances et, plus encore, par la Com­mis­sion euro­péenne et ses féaux, tout autant que par leurs don­neurs d’ordres : n’est-ce pas aus­si le cas, en France, depuis le scru­tin pré­si­den­tiel de 2002 et le réfé­ren­dum de 2005 ?

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