La base pay­sanne et ouvrière de la Monar­chie. Par­tie 1 : La base pay­sanne, une utopie ?
|

La base pay­sanne et ouvrière de la Monar­chie. Par­tie 1 : La base pay­sanne, une utopie ?

Dans un de ses pre­miers textes poli­tiques, le comte de Paris (1908 – 1999) écri­vait : « Je ne conçois la Monar­chie qu’a­vec une base ouvrière et pay­sanne » (1). Or, le pro­pos peut sem­bler, aujourd’­hui, fort ana­chro­nique : le monde agri­cole est un sec­teur de l’é­co­no­mie qui n’emploie plus direc­te­ment que 700.000 per­sonnes envi­ron (soit 3 % des actifs en France) quand il en comp­tait encore 6 % en 1995 et 40 % il y a un siècle (et un tiers de la popu­la­tion active dans les années trente, au moment du pro­pos cité), et la civi­li­sa­tion pay­sanne a dis­pa­ru dans les années 1950 – 1970, comme le sou­ligne Hen­ri Men­dras dans son livre célèbre « La fin des pay­sans », publié en 1967 ; quant au monde ouvrier, alors qu’il compte envi­ron 5 mil­lions de sala­riés et d’en­tre­pre­neurs, il est deve­nu qua­si­ment invi­sible dans la socié­té média­tique, si ce n’est au moment de fer­me­tures d’u­sines, sou­vent délo­ca­li­sées pour des rai­sons spé­cu­la­tives, et lorsque les « jetés à la rue » se rebiffent en bri­sant quelques ordi­na­teurs ou en séques­trant quelques liqui­da­teurs. Une base plu­tôt fra­gile pour une hypo­thé­tique Monar­chie, pour­rait-on ironiser…

Et pour­tant ! Le pro­pos ancien du comte de Paris ne me semble pas à jeter aux oubliettes mais bien plu­tôt à repen­ser et à réac­tua­li­ser, sans céder ni à la nos­tal­gie ni à la sur­va­lo­ri­sa­tion « clas­siste » comme celle que fai­saient les maoïstes des années 60 – 70.

La suite