Che Gue­va­ra 50 après

Che Gue­va­ra 50 après

Y a‑t-il encore beau­coup d’adolescents ou de jeunes gens pour affi­cher le pos­ter de Che Gue­va­ra dans leur chambre ? On peut se poser la ques­tion en ce cin­quan­tième anni­ver­saire de sa mort. Ils sont sans doute beau­coup moins nom­breux chez nous que lorsque le mythe de la révo­lu­tion cas­triste domi­nait l’imaginaire d’une foule de jeunes dans les années soixante. Mais il y en a encore cer­tains, à l’instar d’Olivier Besan­ce­not qui parlent de lui comme « une braise qui brûle encore ». Certes, le mili­tant admet que le Che avait ses fai­blesses, ses aveu­gle­ments, ses erreurs et ses mal­adresses. « Mais il avait cette qua­li­té rare chez les acteurs de la scène poli­tique : la cohé­rence entre les paroles et les actes. » En 2015, le même Besan­ce­not conseillait au pré­sident Fran­çois Hol­lande de visi­ter le musée Che Gue­va­ra, lors d’un voyage à Cuba.

L’aura roman­tique qui a entou­ré le com­pa­gnon de Fidel Cas­tro s’est tou­te­fois plu­tôt estom­pée, depuis que l’on sait com­ment l’homme pou­vait être dur, impi­toyable. Sa rigueur révo­lu­tion­naire ne fai­sait grâce de nulle indul­gence aux com­plai­sances liber­taires. Sa vision mani­chéenne du monde n’admettait nul com­pro­mis, jusqu’à ce que le capi­ta­lisme dis­pa­raisse tota­le­ment de sa sur­face. Cela sup­po­sait une haine abso­lue de l’ennemi à détruire. Régis Debray, qui l’a accom­pa­gné jusqu’à la veille de sa mort en Colom­bie, a pu, par la suite, ana­ly­ser en quoi la stra­té­gie gué­va­riste avait été prise en défaut, notam­ment du côté du peuple pay­san qu’elle enten­dait ral­lier et qui se déro­bait à son enrôlement.

La suite