Au-delà de la réforme du code du tra­vail, pour une contes­ta­tion sociale fondatrice.
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Au-delà de la réforme du code du tra­vail, pour une contes­ta­tion sociale fondatrice.

Ain­si, la contes­ta­tion sociale de l’ère Macron com­men­ce­rait ce mar­di 12 sep­tembre, au gré des 4.000 mani­fes­ta­tions pré­vues contre la nou­velle loi Tra­vail (en fait, une réforme du code du tra­vail) por­tée par Mme Péni­caud, et, selon leur impor­tance et leur capa­ci­té de nui­sance à l’é­gard du gou­ver­ne­ment, elles ouvri­raient le bal d’une incer­ti­tude qui pour­rait bien désta­bi­li­ser, sinon le régime, du moins le pré­sident de la Répu­blique, plus cité (et hué) dans les slo­gans que son pre­mier ministre, moins expo­sé et, sur­tout, moins audible. Mais est-ce la loi elle-même qui jette les mani­fes­tants dans la rue, ou une inquié­tude sourde des classes ouvrières et ter­tiaires devant un len­de­main qui semble se pré­sen­ter comme le triomphe du libé­ra­lisme euro­péen et la mon­tée du « pré­ca­riat », de cette situa­tion qui fait des tra­vailleurs de simples fétus de paille bal­lot­tés au fil du vent ou, plu­tôt, du Mar­ché dit « libre et sans entraves » ?

A bien y regar­der, cette nou­velle loi Tra­vail n’est rien d’autre que la suite (cer­tains diraient la pente…) logique de la loi Tra­vail de 2016, appe­lée aus­si « loi El Khom­ri », qui avait sou­le­vé une vague contes­ta­taire, forte mais bien vaine et sté­rile, faute d’une stra­té­gie et d’une vision sociale claire et pros­pec­tive des syn­di­cats et des oppo­sants. Aujourd’­hui, elle semble pour­tant moins contes­tée, à défaut d’être moins contes­table, ce dont il est légi­time de dis­cu­ter : la méthode employée par l’ac­tuel pou­voir a évi­té une part des erreurs du pré­cé­dent quin­quen­nat, par­ti­cu­liè­re­ment mal­adroit et mal­hon­nête sur ses prin­cipes comme sur ses pro­jets, fai­sant sou­vent pas­ser des ves­sies pour des lan­ternes, au risque de dis­cré­di­ter toute parole poli­tique près des élec­teurs et par­ti­cu­liè­re­ment de ceux qui étaient cen­sés être les siens.

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