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L. Dan­drieu : « La sécu­ri­té per­son­nelle ne peut exis­ter si les nations bas­culent dans l’anarchie »

Le pape Fran­çois a encou­ra­gé une nou­velle fois l’Eu­rope à accueillir tous les migrants. Cré­dits pho­to : Gre­go­rio Borgia/AP

FIGAROVOX.- Le pape Fran­çois vient de publier un texte où il plaide pour « faire pas­ser la sécu­ri­té per­son­nelle [des migrants] avant la sécu­ri­té natio­nale », et appelle à un accueil beau­coup plus large des migrants. Que vous ins­pirent ces pro­pos ? Sont-ils inédits ? 

Laurent DANDRIEU.- Il me semble que ce mes­sage qui vient d’être publié en pré­pa­ra­tion de la Jour­née mon­diale du migrant et du réfu­gié 2018, qui aura lieu le 14 jan­vier pro­chain, est dans la droite ligne des posi­tions défen­dues par le pape Fran­çois depuis le début de son pon­ti­fi­cat, mais qu’il va cepen­dant plus loin que d’ha­bi­tude sur un cer­tain nombre de points. Dans un entre­tien accor­dé à une radio por­tu­gaise le 14 sep­tembre 2015, par exemple, le pape recon­nais­sait le risque d’in­fil­tra­tion ter­ro­riste lié à la crise des migrants, mais n’en ajou­tait pas moins qu”«à l’é­vi­dence, si un réfu­gié arrive, en dépit de toutes les pré­cau­tions liées à la sécu­ri­té, nous devons l’ac­cueillir, car c’est un com­man­de­ment de la Bible ». Quand, dans ce nou­veau mes­sage, Fran­çois écrit que « le prin­cipe de la cen­tra­li­té de la per­sonne humaine (…) nous oblige à tou­jours faire pas­ser la sécu­ri­té per­son­nelle avant la sécu­ri­té natio­nale », il donne en quelque sorte une ver­sion plus théo­rique de cette pré­cé­dente déclaration.

La ques­tion est de savoir si, ce fai­sant, il ne cède pas à un cer­tain idéa­lisme, poten­tiel­le­ment désas­treux : car c’est oublier que la sécu­ri­té natio­nale est le plus sûr rem­part de la sécu­ri­té per­son­nelle, et qu’il n’existe aucune sécu­ri­té per­son­nelle qui puisse exis­ter en dehors de cadres poli­tiques, juri­diques et légaux qui en sont le rem­part. Aucune sécu­ri­té per­son­nelle ne peut exis­ter si les nations occi­den­tales, par exemple, du fait du ter­ro­risme ou d’une immi­gra­tion incon­trô­lée et ingé­rable, bas­culent dans l’anarchie.

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