La question scolaire en France. Partie 1 : L’hypocrisie et les blocages de l’Education nationale.
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La question scolaire en France. Partie 1 : L’hypocrisie et les blocages de l’Education nationale.

Lors des émeutes de l’automne 2005, j’avais proposé au proviseur du lycée Hoche de Versailles d’échanger pour les mois suivants quelques heures de mon service avec des collègues de mon ancien collège des Mureaux, en zone défavorisée, pour soulager un peu ceux-ci et leur montrer un autre visage de l’enseignement tandis que j’espérais que mon expérience passée de « professeur de ZEP » (neuf ans au collège Jean-Vilar des Mureaux) servirait à dénouer temporairement quelques soucis. C’était aussi un moyen d’affirmer une solidarité active, tant avec les professeurs et les administrations des établissements considérés comme « difficiles » qu’avec des élèves souvent persuadés que la France les a rejetés parce qu’ils étaient nés là ou au loin, et qui se sentent, pas totalement à tort, marginalisés par l’Éducation nationale, plus injuste encore qu’inégalitaire

Si l’idée d’un tel échange a tout de suite plu aux autorités du lycée et à quelques enseignants des deux établissements éloignés d’une poignée de kilomètres, le rectorat et l’inspection académique m’ont tout de suite fait savoir, oralement et assez sèchement, qu’une telle initiative était impossible, non seulement à mettre en place, mais aussi à proposer ! Les textes étaient clairs, les consignes étaient strictes : il m’a été ainsi répondu que si je voulais donner des heures de cours aux Mureaux, il fallait demander ma mutation là-bas, ce qui n’était pas mon intention puisque je ne souhaitais y donner que quelques heures (j’avais proposé six heures, soit un tiers de mon service), et que c’était la même perspective pour les quelques collègues du lycée qui avaient accepté de me suivre dans ce projet malheureusement administrativement et légalement impossible. Ainsi m’apparaissaient encore plus nettement l’un des nombreux blocages de l’Éducation nationale et la froide logique d’un système à la fois jacobin et kafkaïen, apparemment incapable de cette nécessaire souplesse qui, pourtant, pourrait résoudre moult problèmes sans défaire l’ensemble.

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