L’er­reur de voca­bu­laire de M. Mélenchon.
CREATOR: gd-jpeg v1.0 (using IJG JPEG v62), default quality

L’er­reur de voca­bu­laire de M. Mélenchon.

La Monar­chie est sou­vent citée en ce moment, que­relle pré­si­den­tielle oblige,  mais il y a erreur des par­ti­sans de la Sixième Répu­blique sur le sens et la por­tée de ce mot et des ins­ti­tu­tions qu’elle peut défi­nir en France. La « monar­chie pré­si­den­tielle » évo­quée par M. Mélen­chon n’est pas une monar­chie au sens his­to­rique du terme, elle n’en est que la cari­ca­ture, et elle semble être une mono­cra­tie quin­quen­nale renou­ve­lable plu­tôt qu’une monar­chie héré­di­taire et suc­ces­sible telle que l’a connue la France et telle que les roya­listes le souhaitent.

La mono­cra­tie, c’est le pou­voir d’un homme de par­ti qui gou­verne sans autre légi­ti­mi­té que celle, pro­vi­soire et désor­mais tou­jours contes­tée, du suf­frage uni­ver­sel, que cela soit direc­te­ment ou par le biais de la repré­sen­ta­tion démo­cra­tique et par­le­men­taire. Le pré­sident peut se croire Anti­gone, mais il n’est que Créon, et il manque à l’é­lu, par­fois pré­sen­té comme « homme pro­vi­den­tiel », cette hau­teur don­née par la liber­té ori­gi­nelle de la Cou­ronne qu’elle doit à son mode de trans­mis­sion, la suc­ces­sion héré­di­taire. Né fils de roi et « presque roi », deve­nu entiè­re­ment roi par l’ef­fa­ce­ment de son pré­dé­ces­seur (par la mort ou le renon­ce­ment), le monarque ne doit rien aux intrigues et aux alliances élec­to­rales, et il peut, au cours de son règne, « sup­por­ter » (mais non pas sou­te­nir, gare à la confu­sion !) des gou­ver­ne­ments de ten­dance dif­fé­rente et anta­go­niste de l’un à l’autre, sans être sou­mis à l’un comme à l’autre. L’in­dé­pen­dance royale, dans la Monar­chie à la fran­çaise, n’est pas un obs­tacle à la direc­tion du pays mais une garan­tie de la conti­nui­té de l’État et de sa per­ma­nence mal­gré les aléas de la vie poli­tique et par­le­men­taire : un gou­ver­ne­ment peut tom­ber, avoir failli ou être en dif­fi­cul­té, la magis­tra­ture suprême de l’État est tou­jours là, visible et active. C’est une pré­sence ras­su­rante en des temps qui le sont moins…

La suite