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Une élec­tion très géopolitique

Edi­to­rial du n° 13 de Conflits

Les enjeux de poli­tique inter­na­tio­nale figurent rare­ment en pre­mière ligne lors des consul­ta­tions élec­to­rales en France, et d’ailleurs dans la plu­part des démo­cra­ties. L’élection pré­si­den­tielle fran­çaise ne semble pas contre­dire la règle. Par­mi les thèmes qui ont émer­gé jusqu’à pré­sent, le reve­nu uni­ver­sel, la baisse du nombre de fonc­tion­naires, le chô­mage, la sécu­ri­té sociale arrivent en tête, sans oublier les affaires…

Pour­tant ces élec­tions pour­raient bien por­ter prio­ri­tai­re­ment sur la rela­tion de la France et du monde. C’est sur ce sujet qu’Emmanuel Macron a com­mis son pre­mier faux pas en allant en Algé­rie qua­li­fier la colo­ni­sa­tion fran­çaise de « crime contre l’humanité », for­mule répé­tée une semaine plus tard. Cha­cun com­prend qu’il s’agissait moins de géo­po­li­tique – redé­fi­nir la rela­tion tumul­tueuse avec Alger – que de poli­tique inté­rieure – ten­ter de cap­ter le vote des Fran­co-Algé­riens au risque d’encourager la vic­ti­mi­sa­tion. Comme l’expliquait Laurent Fabius (Confé­rence des ambas­sa­deurs, 25 août 2015), il n’y a pas de cou­pure entre poli­tique inté­rieure et extérieure.

Plu­sieurs can­di­dats ont mis en avant leur per­son­na­li­té, seule capable d’après eux de tenir tête à des per­son­nages aus­si forts que Donald Trump et Vla­di­mir Pou­tine. Déjà les cri­tiques ont fusé contre Fran­çois Fillon et Marine Le Pen sus­pec­tés de vou­loir rap­pro­cher la France de la Rus­sie. Pen­dant ce temps, Macron se plaint d’attaques infor­ma­tiques venues de ce pays. Ces rumeurs vont s’amplifier, elles sont trop com­modes, et elles sont à la mode…

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