La des­truc­tion des livres sous la Révo­lu­tion française.

La des­truc­tion des livres sous la Révo­lu­tion française.

Je pré­pare actuel­le­ment une nou­velle série de cours sur la Révo­lu­tion fran­çaise pour mes classes de Seconde mais sous des angles dif­fé­rents de ceux qui sont géné­ra­le­ment abor­dés par l’Éducation natio­nale : sous l’angle social, sous l’angle envi­ron­ne­men­tal, sous l’angle « socié­tal » et fami­lial, sous l’angle patri­mo­nial, entre autres. Ain­si, je m’in­té­resse en ce moment au sort des livres et des biblio­thèques, thème assez mécon­nu et pour­tant très révé­la­teur, non seule­ment des excès, mais de la nature même de la Révolution.

Dans son ouvrage « Livres en feu », Lucien X. Polas­tron signale que « le déclen­che­ment de l’hé­ca­tombe de livres remonte au 2 novembre 1789, lorsque toutes les pos­ses­sions ecclé­sias­tiques et reli­gieuses passent « sous la main de la Nation », laquelle a un vrai besoin de se ren­flouer sans les moyens struc­tu­rels d’or­ga­ni­ser la spo­lia­tion. Pour les ter­rains, les immeubles et les ciboires incrus­tés de rubis, l’af­faire est simple et la capi­tal quan­ti­fiable. Mais les biblio­thèques ? (…) Qu’est-ce donc ? Pour la nation un poids mort indé­chif­frable, pour les fonc­tion­naires une direc­tive empoi­son­née, mais avant tout le sym­bole de la tyran­nie aux yeux des agi­tés. » Il est tout de même éton­nant que les intel­lec­tuels qui se targuent conti­nuel­le­ment de prô­ner la liber­té d’ex­pres­sion la plus large ne s’é­meuvent pas de cette « biblio­clas­tie » qui a rava­gé notre pays et livré aux flammes et aux arti­fi­ciers fabri­cants de balles des mil­lions d’in­cu­nables, de manus­crits anciens et enlu­mi­nu­rés, de livres reliés et des col­lec­tions de cor­res­pon­dances diplo­ma­tiques ou philosophiques…

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