Libéralisme et libertés – C.Maurras

Démocratie et peuple

(Plusieurs lecteurs ont bien voulu me demander de recueillir et de tirer à part quelques pages publiées dans la Gazette de France du 3 septembre 1905. Les voici à peu près telles quelles, sauf corrections ou éclaircissements de pure forme et deux ou trois citations de textes qui font image.)

Un collaborateur du Peuple Français, le journal de M. l’abbé Garnier, a reproduit sous ce titre légèrement ironique : « C’est clair » les lignes suivantes détachées d’un article de moi : « …J’ajouterai, pour être absolument clair, que c’est par dévouement aux libertés réelles que nous excluons absolument tout libéralisme : comme c’est par respect et par amour du peuple que nous excluons toute démocratie ».

Là-dessus, mon confrère anonyme ajoute, en termes fort courtois, que ce que je trouve absolument clair lui paraît « malheureusement » bien obscur. Ce malheur est possible, et je le regrette. Je n’imagine pourtant pas que l’on puisse formuler en termes plus nets l’opposition de la doctrine libérale, ou libéralisme, et des libertés réelles, concrètes, pratiques, ni qu’on puisse déclarer moins obscurément l’incompatibilité du bien réel du peuple avec la démocratie conçue comme doctrine ou comme institution…

Cette antinomie, il est vrai, cette opposition, j’en conviens, je me contentais de les affirmer : je n’en fournissais pas la démonstration. Mais celle-ci a été donnée mille fois par d’autres, par moi-même, et l’on ne peut pas toujours se recommencer. Si toutefois cette répétition peut convenir au rédacteur du Peuple français, je suis à ses ordres.

I – LE LIBERALISME

Le libéralisme est la doctrine politique qui fait de la Liberté le principe fondamental par rapport auquel tout doit s’organiser en fait, par rapport auquel tout doit se juger en droit. Je dis que le libéralisme supprime donc en fait toutes les libertés. Libéralisme égale despotisme. Je le démontre.

En religion

Dans l’ordre religieux, la liberté-principe, peut tout admettre, hors l’aliénation de la liberté, d’elle-même. Un homme qui aliène sa liberté personnelle n’est plus homme, dit la philosophie libérale. Il a perdu son rang, sa dignité. Mais objectera-t-on, il fit acte de liberté en immolant sa liberté ? Il n’avait pas ce droit de l’immoler. La liberté, c’est l’intangible. «  Pas de liberté contre la liberté. » Dès lors, point de vœux monastiques. Dès lors, point de Congrégations. C’est le sophisme protestant des Renouvier et des Buisson. Mais qu’on y prenne garde : ce raisonnement est sophistique parce que le point de départ est faux : il n’est point vrai que la liberté soit un principe fondamental. Mais si la prémisse était vraie, la conclusion le serait aussi. C’est très logiquement, très rigoureusement que M. Buisson a déduit la loi de 1901 du principe libéral. Dans le principe libéral, la liberté des ordres religieux serait chose immorale. Dans le principe libéral, cette liberté doit être étouffée. Et voilà donc une première liberté dont la conquête exige au préalable le renversement du principe libéral. Si nous nous dévouons à la liberté des congrégations religieuses, liberté définie,  liberté réelle et pratique, nous devons faire la guerre au libéralisme.

En économie politique

Dans l’ordre économique, la liberté-principe veut que la concurrence des libertés individuelles, d’où le bien doit sortir inévitablement, soit œuvre sacrée. Il n’y a qu’à laisser faire et laisser passer. Toute intervention de l’Etat ou de la société mérite le nom d’attentat et presque de profanation. Le statut du travail doit donc être individuel. Autant par respect pour sa liberté propre que par vénération  de la mécanique du monde, l’ouvrier doit respecter les injonctions du décret de Chapelier et s’interdire sévèrement toute association, corporation, fédération, tout syndicat d’ordre professionnel, de nature à troubler le libre jeu de l’offre et de la demande. Tant pis si le marchand de travail est un millionnaire maître absolu du choix entre 10 000 ouvriers : liberté, liberté ! La liberté économique aboutit donc, par une déduction rapide, à la célèbre liberté de mourir de faim. J’oserais l’appeler une liberté négative, abstraite ; mieux : une liberté soustraite. Toute liberté réelle, toute liberté pratique, tout pouvoir libre et certain de conserver sa vie, de soutenir sa force, est refusé à l’ouvrier tant qu’on lui refuse la liberté d’association.

Il a fallu le déclin des idées libérales pour obtenir, dans l’ordre économique, un certain degré de liberté d’association. Pour étendre cette liberté, pour l’étoffer, pour la nourrir, on devra écraser tout ce qui subsiste du libéralisme dans les esprits. Etes – vous dévoué au libéralisme, ouvriers ? Ou préférez – vous vos libertés, libertés de fait ? C’est à vous d’opter, mais il faut opter. Il faut « exclure tout libéralisme » ou renoncer à toute liberté effective.

En science politique

Dans l’ordre politique ¹, le libéralisme, exprimé à la première phrase du Contrat social et au premier article de la Déclaration des droits de l’homme, porte que l’homme naît libre. Le libéralisme veut dégager l’individu humain de ses antécédences ou naturelles ou historiques. Il l’affranchira des liens de famille, des liens corporatifs, et de tous les autres liens sociaux ou traditionnels. Seulement, comme il faut vivre en société, et que la société exige un gouvernement, le libéralisme établira le gouvernement de la société en accordant un suffrage à chaque liberté et en faisant le compte de ses souverains suffrages. La majorité, exprimant ce que Rousseau appelle la volonté générale, exprimera ainsi en quelque sorte une liberté générale : la volonté de la majorité devient dès lors un décret – loi contre lequel personne ni rien ne saurait avoir de recours, si utile et si raisonnable, ou si précieuse et si sacrée que puisse être cette chose ou cette personne. La liberté-principe établit une règle qui confisque méthodiquement les forces et les libertés particulières ; elle se vante de créer toute seule, de constituer la liberté de chacun ; mais, en pratique, l’histoire le montre bien, cet individualisme affaiblit les individus. C’est son premier effet. Le second est de tyranniser, sans sortir du « droit », tous les individus n’appartenant pas au parti de la majorité, et ainsi de détruire les derniers refuges des libertés réelles ². Tels sont les deux effets successifs de la Liberté politique (ou volonté du peuple) sous son aspect le plus connu, qui est celui de la « démocratie libérale » ou démocratie fondée sur la Liberté, Liberté fondant son gouvernement.

Il y a une autre forme de libéralisme, plus aigüe, plus logique, à laquelle arrivent toujours, quand ils ont persisté dans l’opposition, les partis libéraux : ils se font anarchistes purs. Le principe libéral, en ce cas, ne détruit pas seulement ces liens de famille, de traditions et de relations, créateurs de forces de résistance et centres de pouvoirs : il renverse l’Etat, il nie la Patrie. Il livre donc l’Etat à l’arbitraire du désordre et aux coups des révolutions, comme il ouvre la Patrie aux armes de l’Etranger. Par ce libéralisme absolu, l’homme né libre tend à perdre : 1° la liberté d’aller et venir dans la rue sans être assommé ; 2° son indépendance de citoyen d’une race déterminée.

Telle est la conséquence naturelle du libéralisme non mitigé : il tue la société, par la même, toutes les libertés contenues dans la société existante. Quand au libéralisme mitigé, s’il laisse subsister la société, il la caporalise sous la moins juste, la plus rude et la moins responsable ³ des dictatures, celle du nombre.

Ainsi, libéralisme et despotisme, c’est tout un. Le dévouement aux libertés commande donc le sacrifice de l’idole et de la nuée Liberté.

« Est-ce clair ? »

II – LA DEMOCRATIE

 La démocratie est le gouvernement du nombre.

On appelle encore démocratie l’état social démocratique, un état égalitaire de la société dans lequel les différences de classes seraient inexistantes ou abolies.

On appelle enfin démocratique un ensemble d’idées et un corps d’institutions ou de lois, tendant, soit au gouvernement du nombre soit à l’état égalitaire de la société.

Je dis que par respect et par amour du peuple, nous excluons toute démocratie, sous l’un quelconque des trois aspects précités.

Et je le prouve.

Le gouvernement du nombre

 Il faut exclure le principe du gouvernement du nombre, parce qu’il est absurde dans sa source, incompétent dans son exercice, pernicieux dans ses effets  4  ». Nous prions nos contradicteurs de prendre garde à ces mots : « principe du gouvernement », surtout à principe.

Car, si, sous le nom de gouvernement du nombre, vous parlez d’autre chose, si vous donnez au nombre un maître, un souverain – loi divine ou humaine, loi abstraite ou vivante 5 – vous pouvez dire : »J’ai associé le nombre au gouvernement »  ; vous ne pouvez pas dire que le nombre est le gouvernement, car ce gouvernement serait gouverné lui- même, selon votre propre langage, par un maître, par un guide, par une autre règle que lui. Cela peut-être mieux, cela peut – être pis, c’est tout autre chose qu’un gouvernement ayant son principe dans le nombre.

Or, c’est de ce dernier que nous voulons parler ; il est le seul en discussion.

Donc, nous respectons trop le peuple pour aller lui dire : il suffit de compter les voix des incompétents, pour résoudre les questions d’intérêt très général qui exigent de longues années d’études, de pratique ou de méditations. Il suffit de recueillir et d’additionner les suffrages des premiers venus pour réussir les choix les plus délicats 6.

Nous aimons trop le peuple pour aller lui chanter ces choses. L’amour et le respect du peuple nous permettent de proposer au peuple, j’entends par là l’ensemble des citoyens organisés, la gestion des intérêts où il est compétent, ses intérêts locaux et professionnels. Le même sentiment nous oblige à lui refuser la gestion des intérêts généraux de la nation, je dis de la nation française, parce que ses intérêts sont beaucoup trop complexes pour être également et clairement sensibles à la pensée de tous.

Prise en fait, « la démocratie c’est le mal, la démocratie c’est la mort » 7.

Le gouvernement du nombre tend à la désorganisation du pays. Il détruit par nécessité tout ce qui le tempère, tout ce qui diffère de soi : religion, famille, traditions, classes, organisations de tout genre 8. Toute démocratie isole et étiole l’individu, développe l’Etat au-delà de la sphère qui est propre à l’Etat. Mais, dans la sphère ou l’Etat devrait être roi, elle lui enlève le ressort, l’énergie, même l’existence. « Nous n’avons plus d’Etat, nous n’avons plus que des administrations. » La belle parole de M. Anatole France se vérifie partout où l’erreur démocratique affecta les institutions et les lois. C’est un fait que la démocratie corrompt tout. Nous ne disons au peuple, parce que cela est.

Dire au peuple ce qui n’est pas, serait lui manquer de respect. Lui débiter des fables pernicieuses, c’est tantôt le haïr, tantôt le mal aimer. Profiter, pour lui faire ce mensonge, de la confiance naïve qu’il a voulu placer en vous, c’est abuser de lui, le trahir et vous dégrader vous – même. Voilà pourquoi nous prenons le peuple à témoin de la vivacité de notre haine pour la démocratie et pour ce principe, absolument faux, de la souveraineté du nombre. Notre honneur est en cause, en même temps que la sécurité française et tous les autres biens publics.

L’état social démocratique

Quant au « fait » de l’état social démocratique, nous le reconnaîtrions s’il s’agissait de la Norvège ou de quelque pauvre canton de la montagne suisse où parfois il existe une certaine égalité, une équivalence de la condition  entre citoyens. Mais nous sommes en France, dans le riche pays de France, dans un beau vieux pays que différencièrent profondément quatorze siècles d’activité politique, civile, militaire et économique ! Non cette égalité n’existe pas dans notre pays. Oui les différences de classes existent. Non on ne les y a pas abolies.

J’ajoute : ni en France ni dans le reste du monde, c’est-à-dire ni en Amérique ni en Europe, y compris la plus pauvre Suisse, la plus égalitaire Norvège, n’existe une tendance des conditions et des classes à s’égaliser. Les choses, loin de se niveler, se différencient de plus en plus : en premier lieu par l’effet du progrès matériel et financier ; en second lieu par suite des progrès du socialisme (doctrine essentiellement aristocratique, en dépit de ses attaches provisoires avec le démocratie, doctrine d’organisation ouvrière, comparable au  mouvement bourgeois et communaliste des XIe et XIIe siècles 9) ; en troisième lieu, par la rencontre des nationalités et des races, qui loin de se fusionner, se heurtent en vue de se subordonner les unes aux autres : la guerre universelle, en désignant de quel côté sont les plus forts, tend à instituer la hiérarchie générale. L’Amérique, que l’on nous donne pour le peuple de l’avenir, est précisément un peuple très sensible aux nécessités de l’organisation économique et militaire : la démocratie existe bien chez elle à quelque degré, mais dans le passé : ces premiers colons du XVII e siècle, les transfuges du May flower, presqu’égaux entre eux furent démocrates ; ses habitants d’aujourd’hui, plus embrigadés encore que présidés par l’homme à cheval, américain de la vieille souche, membre du plus ancien patriciat local, les contemporains de ce Roosevelt dédaignent la démocratie à peu près dans les mêmes termes qu’employait leur illustre aîné Edgar Allan Poe : « En dépit de la voix haute et salutaire des lois de gradation, qui pénètrent si vivement toutes choses sur la terre et dans le ciel, des efforts insensés furent faits pour établir une démocratie universelle » 10 .

Rien ne montre mieux l’échec de ces « efforts insensés » que le caractère de tels mouvements récents qui se présentent sous une forme démocratique. Ils n’ont rien de démocratiques, au fond. Par exemple, le suffrage universel est désiré en Angleterre, pour éviter le protectionnisme ; dans la monarchie austro-hongroise, pour faire prévaloir les aspirations de certaines nationalités ; ou pour secouer le joug de certaines autres ; en Allemagne, en Belgique, en Russie même, pour favoriser un mouvement socialiste ; mais nulle part on ne réclame l’égalité politique en elle-même, comme cela se voyait par toute l’Europe en 1848.

L’avenir, comme le progrès, est à l’ordre. Il n’est pas à l’égalité. Si nous persuadions le peuple français des triomphes futurs de la démocratie, nous lui enseignerions l’erreur dont il souffrirait par la suite. De plus, nous parlerions contre notre pensée. C’est donc par respect pour le peuple que nous lui disons la vérité toute franche, c’est par amour du peuple que nous lui épargnerons les flagorneries qui le perdraient.

L’esprit démocratique

Le même sentiment nous interdit d’encourager le peuple à considérer comme désirable soit le gouvernement du nombre soit l’état démocratique de la société. Sans doute, les deux désirs et les deux idées existent de nos jours. Cependant ils n’existent point seuls. D’autres tendances, d’autres désirs, d’autres idées existent aussi et peuvent, bien utilisés, s’opposer à l’effort funeste, empêcher cet effort de se réaliser. C’est à quoi justement nous avons toujours travaillé : l’amour vivant de la patrie peut vaincre le démon de la fausse sagesse individuelle, ou encore le légitime intérêt personnel et professionnel qui implique l’ordre matériel et la paix sociale, résister aux subversions du génie de l’égalité.

Si l’égalité constitutionnelle, qui nous livre à l’étranger de l’intérieur avant de nous livrer à l’Etranger du dehors, si cette égalité légale et verbale se développait librement jusqu’à son terme, elle créerait l’égalité sociale, le nivellement économique, l’universel appauvrissement. Est-ce donc ce qu’il faut désirer pour le bien de chacun et de tous ?

Aucun pays, aucun Etat ne vécurent de ce poison. Mais certains Etats dépérirent par la vertu de la petite goutte vénéneuse, dont un nom infecta les esprits. L’Athènes antique avec des énergies précieuses. La Pologne moderne fut un peuple plein de vigueur. Athènes, Varsovie ont été victimes de l’intoxication démocratique. Cette démocratie fut, à très faible dose, puisque ni les esclaves athéniens, ni les serfs polonais ne possédaient de droits politiques : eh bien ! une simple nuée devenue loi, une fiction constitutionnelle, ont été assez fortes pour livrer à la guerre civile, puis au pouvoir de l’Etranger, ces deux races illustres qui valaient mieux que leurs vainqueurs.

L’égalité ne peut régner nulle part ; mais son obsession, son désir établissent un esprit politique  directement contraire aux besoins vitaux d’un pays : l’esprit démocratique tue la discipline militaire et le peuple a besoin d’une armée ; l’esprit démocratique, par l’envie qu’il distille, tue la concorde civile, la cordialité, la paix entre particuliers, et le peuple a besoin de concorde, de paix, de cordialité. « Morbus democraticus ! » répétait Summer Maine. L’amour et le respect du peuple interdisent de lui suggérer le désir de la maladie. Avec Machiavel et Dante, nous ne conseillerons jamais au peuple de crier : « Vive ma mort ! »

Le rédacteur du Peuple français est – il satisfait ?

« Est-ce clair ? »


 NOTE

1 De larges extraits de ce paragraphe et du précédent ont eu l’honneur d’être cités par S. Em. Le Cardinal Billot, qui a été appelé « le premier théologien du monde », p 36 et 37 du tome II de son Tractatus de Ecclesia Christi ( de habitudine Ecclesiae ad civilem societatem).

 2 « Verum, quale tandem oenigma quod système sociale super libertatem, ad libertatem et pro libertate constructum evidenter ad depostismum et substractionem omnis realis libertatis ducat ?Cujus novis generis mium estud est, quod doctrina politicain pura, ut voluunt, philosophia fundata, dictaturium nemeri, quia nihil magis antiphilophium cogitatur, pro summa habeat auctoritate. » Card.  Billot,  Tractatus de Ecclesia Christi, II.

3 Il faut ajouter « la moins philosophique » comme le dit le Cardinal Billot ; on peut aussi dire la plus folle.

4 Cité par S. Em. Le Cardinal Billot, Tractatus, p 37.

5 Je destine cette remarque à ceux qui promettent de baptiser la démocratie. Ce baptème n’est pas plus impossible qu’autre chose. Mais l’effet du sacrement sera de déplacer le siège et l’axe du gouvernement d’une manière aussi radicale qu’un coup d’Etat ou qu’une Restauration. Ce ne sera plus la démocratie qui gouvernera : ce sera la loi catholique. Les vertus de ce gouvernement et ces bienfaits seront ceux du catholicisme et non ceux de la démocratie, dont la nature sera plutôt de les contrarier et de les retarder. Et, toutes choses supposées égales d’ailleurs, on pourra se demander encore si le règne du catholicisme n’aurait pas été obtenu plus vite, à meilleur compte, dans des conditions plus durables, au moyen de la monarchie ou de l’aristocratie. Mais la monarchie n’existe plus ! L’aristocratie n’est qu’un nom ! – Vraiment ? Et la théocratie existe – t – elle ? Le catholicisme des masses, leur conversion, leur disposition à recevoir une loi religieuse, ne sont pas des choses à créer et de simples possibles, tout comme l’aristocratie et la monarchie ?

6-8 Cité par S. Em. Le Cardinal Billot, Tractatus, p 37.

7 Enquête sur la Monarchie. Propos vérifiés par les 1 500 000 cadavres de la guerre de 1914 – 1918.

9 Elle devait aboutir à la doctrine de la dictature d’une minorité, le prolétariat (1917).

10 Le vocabulaire wilsonien est plus « démocrate » que celui de Roosevelt. Il faut se rappeler que le parti dit démocrate est là-bas, l’ancien parti sudiste, qui a lutté, les armes à la main, pour les privilèges, l’inégalité, l’esclavage même. C’est le parti autocrate et réactionnaire.