Le 14 juillet… Réta­blir la véri­té his­to­rique, tout sim­ple­ment.

Le 14 juillet… Réta­blir la véri­té his­to­rique, tout sim­ple­ment.

Par Jean-Phi­lippe Chau­vin

Cette année, la célé­bra­tion du 14 juillet est… mini­male, covid-19 oblige. Mais n’est-ce pas l’occasion, jus­te­ment, de renouer avec l’étude de l’histoire, pas for­cé­ment celle des manuels de l’éducation natio­nale (par­fois bien mal nom­mée…), mais celle qui cherche à connaître, à véri­fier, à com­prendre et, par­fois, à évi­ter les pièges ten­dus par l’actualité et les rumeurs qui, elles non plus, ne s’arrêtent jamais, au grand dam de l’intelligence et de la mesure. Les roya­listes, comme le rap­pe­lait le phi­lo­sophe Pierre Bou­tang, « n’ont plus de que­relle avec le 14 juillet » deve­nu une célé­bra­tion de l’armée et de la nation fran­çaise plus encore que de la Répu­blique, mais ils sont atta­chés à ne pas lais­ser dire n’importe quoi et sou­cieux de réta­blir quelques véri­tés, non par esprit de revanche, mais par sou­ci d’exactitude et pour démon­ter quelques mythes sur les­quels s’appuie le Pays légal pour jus­ti­fier sa domi­na­tion sur le pays tout entier…

Le 14 juillet est deve­nu fête natio­nale au début de la IIIe Répu­blique, après un débat fort ani­mé le 8 juin 1880. Il est savou­reux de lire, avec le recul, le pro­pos du rap­por­teur de la pro­po­si­tion de loi, le dénom­mé Antoine Achard (dépu­té radi­cal de la Gironde), et d’en mon­trer, au vu des connais­sances his­to­riques qui ne sont pas tou­jours en concor­dance avec l’idéologie, les limites et les contra­dic­tions : « Les grands, les glo­rieux anni­ver­saires ne manquent pas dans notre his­toire. Celui qui vous est dési­gné est mémo­rable à double titre ; il rap­pelle en effet la prise de la Bas­tille le 14 juillet 1789 et la grande Fête de la Fédé­ra­tion célé­brée le 14 juillet 1790. La prise de la Bas­tille qui fut le glo­rieux pré­lude, le pre­mier acte de la Révo­lu­tion a mis fin au monde ancien et, en ouvrant les portes de la réno­va­tion sociale, a inau­gu­ré le monde nou­veau, celui dont nous voyons l’aurore, celui qui s’édifie, len­te­ment mais sûre­ment, le monde de la jus­tice et de l’humanité, de l’égalité des droits et des devoirs.

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