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Face au chô­mage. Par­tie 1 : Chô­mage et mondialisation.

Le chô­mage est un mal endé­mique qui touche notre socié­té depuis les années 1970, deve­nant struc­tu­rel après être res­té long­temps conjonc­tu­rel et limi­té. Aujourd’hui, c’est un véri­table fléau qui mine l’harmonie sociale et fonde le res­sen­ti­ment pro­fond d’une part des caté­go­ries sociales, sou­vent popu­laires et, par­fois déra­ci­nées ou dépos­sé­dées, mais aus­si de plus en plus des classes moyennes et des caté­go­ries ter­tiaires. Le pré­sident Fran­çois Mit­ter­rand, qui s’était fait élire en 1981 sur la pro­messe d’un chô­mage qui n’atteindrait jamais les deux mil­lions de per­sonnes (ce qui se pro­dui­sit quelques mois après…), avait bais­sé les bras et son action s’était réduite à créer quelques pan­se­ments sociaux, au grand dam des mineurs et ouvriers qui, dès 1984, brû­lèrent son effi­gie lors des mani­fes­ta­tions lor­raines et pari­siennes en criant à la tra­hi­son : la Gauche enta­mait alors son grand déclin et enté­ri­nait ses grands renon­ce­ments, au nom d’une Construc­tion euro­péenne qui rem­pla­çait désor­mais la réso­lu­tion de la ques­tion sociale… Et le chô­mage, presque cin­quante ans après la fin du plein-emploi, est tou­jours là, inquié­tant, épui­sant, des­truc­teur autant des métiers que des vies et des familles. 

Mais si l’on veut le com­battre, car il faut le com­battre (ce dont ne sont pas sûrs un cer­tain nombre de libé­raux qui y voient un mal néces­saire), encore faut-il en dis­cer­ner les causes et s’y atta­quer, non par de simples lamen­ta­tions ou ges­ti­cu­la­tions mais par une véri­table poli­tique d’Etat, une poli­tique qui ne vise pas à « tout faire » mais à impul­ser des ini­tia­tives et à sou­te­nir des pro­jets (y com­pris pri­vés), à finan­cer des grands chan­tiers et à pen­ser des stra­té­gies à long terme. Le fata­lisme serait la pire des choses, et le « lais­ser-faire, lais­ser-pas­ser » un aban­don des res­pon­sa­bi­li­tés de l’Etat qui, pour confor­ter sa légi­ti­mi­té poli­tique, ne doit pas négli­ger ses devoirs sociaux et natio­naux de pro­tec­tion de ses citoyens-contri­buables, tra­vailleurs et pro­duc­teurs. Bien sûr, l’étatisme serait aus­si absurde que l’indifférence, et tout aus­si dévas­ta­teur car il déres­pon­sa­bi­li­se­rait les Fran­çais comme il des­sai­si­rait les entre­pre­neurs quand il faut res­pon­sa­bi­li­ser les uns et les autres et les pro­té­ger tout autant dans le cadre social et poli­tique, en assu­rant l’équilibre social et en ras­su­rant les acteurs et inves­tis­seurs économiques.

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