Ques­tions sur la ges­tion  d’une pandémie
Epidemie de coronavirus ( COVID-19 ). Mesure de confinement. Gros plan sur un smartphone : sauvez des vies restez chez vous.

Ques­tions sur la ges­tion d’une pandémie

Par Gérard Leclerc

Le temps n’est certes pas encore venu de tirer toutes les leçons des atti­tudes col­lec­tives face à la pan­dé­mie et à la ges­tion qu’elle a entraî­née de la part du gou­ver­ne­ment. Mais déjà, on voit se des­si­ner à ce pro­pos des cli­vages signi­fi­ca­tifs. Il y a ceux qui estiment que le dan­ger a été lar­ge­ment sur­es­ti­mé et qu’il a per­mis une mise au pas des citoyens qu’ils ne par­viennent pas à ava­ler. Je n’ai pu m’empêcher d’objecter à plu­sieurs d’entre eux : « Un dan­ger sur­es­ti­mé ? Peut-être. Cette sale­té ne m’en a pas moins enle­vé plu­sieurs amis très chers. » Il m’ a été répon­du qu’ils seraient morts d’une façon ou d’une autre, ce à quoi il m’est dif­fi­cile d’objecter. Mais com­ment trou­ver la bonne mesure ? Tout de même, notre sys­tème hos­pi­ta­lier a bien accu­sé le coup, avec des ser­vices de réani­ma­tion débor­dés et des malades en grande fai­blesse et en grand danger ?

Il est pos­sible aus­si d’alléguer la situa­tion cri­tique d’une puis­sance publique désar­mée, parce que non pré­pa­rée à la nature de ce virus inat­ten­du et dépour­vue de moyens. Ce qui n’était pas le cas d’autres États, notam­ment en Asie : Corée du Sud, Taï­wan, Japon, Sin­ga­pour… Le confi­ne­ment rigou­reux auquel nous avons été sou­mis a pour rai­son essen­tielle que nous ne dis­po­sions que de l’arme des faibles. Et puis s’ajoutait un sen­ti­ment de flot­te­ment du coté des scien­ti­fiques, de ceux qui étaient cen­sés éclai­rer les déci­sions du pou­voir et don­ner quelques repères aux citoyens. Cela nous a four­ni, comme lot de conso­la­tion, un superbe feuille­ton média­tique avec la contro­verse autour du pro­fes­seur Didier Raoult de Mar­seille. Il est vrai qu’avec lui l’opinion trou­vait au moins un repère inté­res­sant. Ce n’était pas seule­ment un cher­cheur mais aus­si un pra­ti­cien qui rece­vait et soi­gnait les malades.

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