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Réin­dus­tria­li­sa­tion et volon­té poli­tique : la piste royale.

Par Jean-Phi­lippe Chauvin

Le décon­fi­ne­ment a com­men­cé depuis déjà deux semaines, et nombre d’illusions sur « le monde d’après » sont déjà entrées au cime­tière des bonnes inten­tions, peu aptes à sur­vivre dans une socié­té de consom­ma­tion, mais aus­si « dis­trac­tion­naire » comme la qua­li­fiait Phi­lippe Muray avec une iro­nie un peu triste. Ain­si en va-t-il de l’idée, sou­vent émise au cours de la période de confi­ne­ment, de la relo­ca­li­sa­tion des indus­tries par­ties hier (un hier qui remonte par­fois aux années 1990…) vers les pays asia­tiques ou est-euro­péens, idée qui est déjà démen­tie par les pro­pos du com­mis­saire euro­péen au com­merce, M. Phil Hogan, et que rap­pelle Serge Hali­mi dans son édi­to­rial du Monde Diplo­ma­tique de juin 2020 : « Quelques entre­prises sani­taires seront relo­ca­li­sées sur le Vieux Conti­nent, com­ment faire autre­ment ? « Mais il s’agit là d’une excep­tion », nous aver­tit M. Hogan. Et, s’adressant à ceux qui parlent de cir­cuits courts, de décrois­sance, il pré­vient : « En 2040, 50 % de la popu­la­tion mon­diale vivra à moins de cinq heures de la Bir­ma­nie. (…) Il me semble évident que les entre­prises euro­péennes ne vou­dront pas se pri­ver de cette manne d’activité. Ce serait com­plè­te­ment idiot. » Il sait d’ailleurs déjà à quoi il emploie­ra les pro­chains mois : « Nous devons appro­fon­dir nos accords de libre-échange exis­tants – on en a avec quelque soixante-dix pays – et cher­cher à en contrac­ter d’autres. »

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