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Quand CGT et MEDEF oublient leurs devoirs sociaux…

Par Jean-Phi­lippe Chauvin

En cette période par­ti­cu­lière, quelques efforts sont deman­dés à cha­cun d’entre nous, et cela dans tous les métiers et dans toutes les caté­go­ries sociales, ce qui n’est pas, au regard des enjeux, cho­quant en soi-même. D’autant plus que le temps du confi­ne­ment, désor­mais dépas­sé, pour­rait bien entraî­ner, si l’on ne s’en pré­serve, une véri­table catas­trophe éco­no­mique et, au-delà, sociale : la crise est devant nous, affirment nombre d’acteurs et d’observateurs de la scène publique fran­çaise, et le plus com­pli­qué reste à venir. Et c’est la capa­ci­té de la « nation pro­duc­trice » à abor­der les temps qui viennent qui sera déter­mi­nante : rési­lience, bonne volon­té et esprit de ser­vice devront pré­va­loir, et cela fait sens dans une socié­té qui n’est pas qu’un agré­gat d’individus inter­chan­geables. Jus­te­ment, le vieux pays qu’est et que reste la France fait sens, et elle incarne cette durée et cette pos­si­bi­li­té, à échelle humaine et his­to­rique, de « l’éternité renou­ve­lée ». Sur ces fon­da­tions-là, la crise peut, sinon être évi­tée, du moins être amor­tie et quelques mau­vais coups déviés. Le fait de naître fran­çais, de le deve­nir, de l’être engage : l’oublier ou sim­ple­ment le négli­ger aux heures sombres peut être, civi­que­ment par­lant (au sens athé­nien de la cité, de la « polis »), une forme de tra­hi­son qu’il s’agit, non de dénon­cer, mais de com­battre et de dépas­ser pour en évi­ter les sinistres conséquences.

Or, deux faits récents montrent que le bien com­mun n’est pas tou­jours envi­sa­gé par ceux-là mêmes dont ce serait le rôle de le défendre et de le pro­mou­voir. Ils sont révé­la­teurs de cer­taines mala­dies qui minent l’entente sociale néces­saire à la vie et à la pros­pé­ri­té rai­son­née que cha­cun doit espé­rer, tout en y tra­vaillant, pour sa com­mu­nau­té d’ensemble natio­nale, ce « plus vaste cercle com­mu­nau­taire qui soit, au tem­po­rel, solide et com­plet » et qui garan­tit la liber­té et la sur­vie de tous les autres. Le pre­mier, c’est la poli­tique d’obstruction du syn­di­cat CGT à la reprise de la pro­duc­tion dans l’usine auto­mo­bile Renault de San­dou­ville (site de pro­duc­tion de véhi­cules uti­li­taires), poli­tique qui a abou­ti à l’arrêt com­plet de celle-ci, pour­tant en cours de redé­mar­rage la semaine der­nière. Les rai­sons de cette obs­truc­tion, liée aux condi­tions de sécu­ri­té sani­taire au sein de l’usine ou, plu­tôt, aux pro­cé­dures de convo­ca­tion de la com­mis­sion de san­té et sécu­ri­té de l’établissement, sont, à bien regar­der l’affaire, sans lien véri­table avec la pré­ser­va­tion de la san­té des ouvriers, l’usine étant consi­dé­rée comme l’une des plus exem­plaires sur ce sujet sensible.

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