Coro­na­vi­rus : les mou­tons de Panurge

Coro­na­vi­rus : les mou­tons de Panurge

Par Jeanne Estérelle

Même si la pro­pa­ga­tion du virus est natu­relle et qu’aucune main enne­mie du genre humain ne l’a sciem­ment dif­fu­sé, l’épidémie est sur­ve­nue à un moment si oppor­tun qu’elle semble le résul­tat d’un mon­tage. Quand la dette enfle déme­su­ré­ment et affai­blit l’empire, quel timo­nier ne sau­rait imi­ter la ruse de Panurge ? Et, sur­tout, quel mar­chand étran­ger sau­rait y résis­ter ? Il aura suf­fi de jeter un mou­ton à la mer, sous pré­texte de sécu­ri­té, pour que tous se jettent à l’eau ! Voi­ci la car­gai­son mon­diale per­due ! Le chô­mage impo­sé par les états mou­ton­niers l’a noyée.

   Cette der­nière consi­dé­ra­tion nous empêche de rire comme les pre­miers lec­teurs de Rabe­lais. S’ajoute au mer­can­ti­lisme, résul­tat d’une pas­sion bes­tiale, la ser­vi­tude inouïe de tous les peuples pri­vés de la liber­té de tra­vailler. Ici, l’empirisme orga­ni­sa­teur ne peut plus être appli­qué puisqu’il n’existe pas d’antécédent his­to­rique. La rai­son ne peut plus se fon­der sur la mémoire pour tirer une leçon du pas­sé. Comme ce fait défie la rai­son, il ne résulte pas d’un cal­cul poli­tique mais de l’esprit de vertige.

 Illus­tra­tion arran­gée par Sté­phane SANTONI, gra­phiste et proche de l’Action française.