L’Afrique Réelle n°124 – Avril 2020
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L’Afrique Réelle n°124 – Avril 2020

Sommaire

Actualité :
– Seule l’histoire permet de comprendre les conflits du Sahel
– Pourquoi le Burkina Faso est-il l’épicentre du jihadisme sahélien ?

Dossier : L’afrocentrisme
– Le contre-sens historique de Cheikh Anta Diop
– Black Athena, cette imposture scientifique

Editorial de Bernard Lugan

Deux principaux fronts sont ouverts au Sahel. A l’ouest dans la région des « Trois frontières » (Mali-Niger-Burkina Faso) et à l’est, dans la région des « Quatre frontières » (Nigeria-Niger-Tchad-Cameroun), autour du lac Tchad. Ici, les 23 et 24 mars, Boko Haram a porté de rudes coups aux armées du Nigeria et du Tchad. Au Nigeria, un convoi parti de Maiduguri est tombé dans une embuscade, laissant plus de 100 morts sur le terrain. Au Tchad, où Boma, la principale garnison de la province du Lac, a été prise par Boko Haram, les forces tchadiennes déplorent plus de 100 morts. Avec sa végétation compacte aux racines enchevêtrées, la région est un milieu difficile pour des forces mécanisées habituées à une guerre de mouvement et peu familières de ce milieu palustre. Les réalités géographiques, anthropologiques, ethniques et historiques, font de cette région un foyer favorable à Boko Haram, mouvement ancré sur deux ethnies transfrontalières, les Kanouri et les pêcheurs Buduma/Yedina, qui se désignent sous le nom de « Peuple des herbes ». 

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