« Aux États-Unis émerge un anti­ra­cisme de la sur­veillance et de la censure »

« Aux États-Unis émerge un anti­ra­cisme de la sur­veillance et de la censure »

Si le mac­car­thysme pro­met­tait de tra­quer les com­mu­nistes dans les États-Unis d’après-guerre, c’est désor­mais au nom du pro­gres­sisme que l’Amérique connaît une chasse aux sor­cières d’un nou­veau type. Outre-Atlan­tique, au nom de l’antiracisme, on assiste sur­tout à la condam­na­tion immé­diate de qui­conque contre­vien­drait aux nou­velles normes établies.

Aux États-Unis, d’onéreux dîners (2 500 dol­lars) per­mettent à des femmes blanches, de milieux favo­ri­sés, sou­vent démo­crates, de com­prendre pour­quoi elles sont fon­ciè­re­ment racistes, rap­porte The Guar­dian. Au cours de récep­tions, super­vi­sées par les deux fon­da­trices du pro­jet, huit femmes de cou­leur blanche peuvent échan­ger des pro­blèmes de racisme dans le pays. Ces der­nières doivent com­prendre au fil des échanges que mal­gré leurs bonnes inten­tions, elles sont incons­ciem­ment racistes et « font par­tie du pro­blème ». Ces dîners ren­contrent un cer­tain suc­cès et per­met­traient aux par­ti­ci­pantes de faire évo­luer leurs men­ta­li­tés sur la ques­tion du racisme.

En 2018 à New-York, le géant du luxe Pra­da a dû faire face à de viru­lentes accu­sa­tions de racisme. En cause, une vitrine de la marque ornée de petites figu­rines de cou­leur noire sem­blant repro­duire un « black­face » (consi­dé­ré par cer­tains anti­ra­cistes comme atten­ta­toire à la digni­té des Noirs). En très peu de temps, la polé­mique avait enflé sur les réseaux sociaux, contrai­gnant Pra­da au retrait immé­diat des objets incri­mi­nés et à la for­mu­la­tion d’excuses avec volon­té d’agir pour la diver­si­té à l’avenir. Le New York Times rap­porte que la com­mis­sion des droits de l’homme de New-York a pu ouvrir une enquête pour vio­la­tion des lois sur les droits de l’homme. La marque ayant fait montre de sa volon­té immé­diate de coopé­rer avec les auto­ri­tés, un accord a pu être conclu visant à offrir aux per­son­nels des « for­ma­tions sur l’équité raciale », à nom­mer un res­pon­sable de la diver­si­té au sein de la marque, et à rendre compte tous les six mois de la situa­tion à la commission.

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