Une épreuve nationale

Une épreuve nationale

Contact avec la popu­la­tion dans le Sud du MaliCC by-sa : TM1972 

Par Gérard LECLERC

L’émotion una­nime de notre peuple à l’annonce de la mort de treize de nos sol­dats au Mali nous donne brus­que­ment conscience de ce qu’est une com­mu­nau­té natio­nale. Com­mu­nau­té for­gée par l’histoire mais aus­si vécue dans les défis et les affron­te­ments du pré­sent. Cette conscience se rap­porte aux belles figures de ceux qui ont fait le sacri­fice de leur vie et dont nous mesu­rons la force d’âme. Le compte-ren­du du ras­sem­ble­ment qui a eu lieu lun­di soir devant la mai­rie de Pau ren­force ce sen­ti­ment d’une qua­li­té excep­tion­nelle, avec la gra­ti­tude que nous devons à nos sol­dats, mais aus­si à leurs épouses et à leurs enfants. Pau, faut-il le rap­pe­ler, contient la base d’où pro­ve­nait sept de ces sol­dats, et la ville se trouve d’autant plus soli­daire de leurs familles.

La France isolée

Mais cette épreuve natio­nale est aus­si l’occasion de reve­nir sur les mis­sions de notre armée et nos obli­ga­tions inter­na­tio­nales. Com­ment se fait-il que nous devions sup­por­ter l’essentiel de la charge qu’impose la sécu­ri­té de toute cette région d’Afrique ? Certes, des liens his­to­riques nous rat­tachent à l’ancienne Afrique de l’Ouest et aux nations gra­ve­ment désta­bi­li­sées par le dji­ha­disme : le Tchad, le Mali, le Niger et le Bur­ki­na Faso. Tou­te­fois, si la construc­tion euro­péenne a un sens, elle devrait se tra­duire par des enga­ge­ments com­muns sur le ter­rain. L’isolement de la France est révé­la­teur d’une carence fon­da­men­tale, sur laquelle il convient de s’interroger. Tout montre que la France ne vien­dra pas à bout rapi­de­ment d’un conflit qui n’a fait que s’aggraver depuis que Fran­çois Hol­lande, en jan­vier 2013, a pris la déci­sion d’intervenir pour empê­cher les groupes dji­ha­distes de prendre le contrôle du Mali.

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